La fête à Rousseau !

Cette année, l’anniversaire de Rousseau se fête chez Voltaire ! A cette occasion, le Château de Voltaire nous ouvre grand ses portes et ses jardins, et nous reçoit dans sa splendide Orangerie.  Une journée entière dans ce magnifique écrin pour célébrer le visionnaire des Lumières organisée en partenariat avec la Société Jean-Jacques Rousseau. Entrée libre à tous les événements !

Dès 10h30, une série de conférences réunira des spécialistes de Rousseau qui se pencheront sur la question des rapports hommes-femmes dans l’œuvre du philosophe. A 20h, pour clore la journée en beauté, le pianiste Gabriel Zufferey s’inspirera d’une composition de Rousseau  – il n’a pas seulement écrit sur la musique, il en a aussi composé, ce génie ! – et de musiques du 18e siècle pour nous offrir un moment virtuose et original. Et pour faire le trait d’union entre ces deux parties, un apéritif vous sera offert.
Vous pouvez assister à tous les rendez-vous ou ne choisir que ceux qui vous intéressent le plus, vous pouvez venir au colloque et partir au concert ou inversement. Soyez les bienvenu.es !

PROGRAMME

10h30-18h30
« Rousseau et la différence sexuelle », colloque conçu et proposé par la Société Jean-Jacques Rousseau. Avec les intervenants : Paulo Ferreira Junior, Claude Habib, Patrick Hochart, Catherine Larrère, Capucine Lebreton, Gabrielle Radica, Céline Spector
Téléchargez le programme détaillé ici

18h45-20h
Apéritif

20h
Concert de Gabriel Zufferey

GABRIEL ZUFFEREY
Le genevois Gabriel Zufferey a le talent tranquille des surdoués et la fougue généreuse des passionnés. Pianiste et compositeur, il commence à composer très jeune. La presse et les professionnels saluent aussitôt sa maturité et la profondeur de sa musique. Plusieurs prix jalonnent son parcours, qui sillonne principalement l’univers du jazz. A 19 ans, il cosigne son premier album Après l’orage avec Daniel Humair et Sébastien Boisseau, suivra Hear & Know avec Ramon Lopez, Samuel Blaser et Patrice Moret. En 2012, il sort son premier album solo Contemplations, encensé par le New York City Jazz Record. Bien connu des amateurs du Montreux Jazz festival, Gabriel Zufferey est invité à jouer un peu partout dans le monde.  Pour l’anniversaire de Jean-Jacques Rousseau, il s’apprête à jouer une partition écrite par le philosophe et à créer des morceaux à la manière de musiques du 18e siècle.

 

 

 

 

 

 

Jean Starobinski (1920-2019)

Parce qu’il a maintenu tout au long de sa longue activité la triple exigence de relier l’intelligible et le sensible, d’attester du passage des œuvres et de les soumettre au jugement de sa compétence critique, attentif au passé parce qu’inquiet du présent et soucieux du futur, Jean Starobinski aura été le plus grand critique littéraire de langue française au XXe siècle. Martin Rueff, Libération, 8 mars 2019

Rendre intelligible le sensible et le donner en partage, ce fut le projet de toute une vie : éminent intellectuel, spécialiste du Siècle des Lumières, critique, professeur de littérature, psychiatre, Jean Starobinski n’a eu de cesse de questionner l’infinie complexité de la condition humaine et de célébrer la beauté du monde. Né à Genève en 1920, personnalité à la fois discrète et géniale, il laisse une œuvre qui éclairera longtemps les chemins de la pensée et de la création. Il s’est éteint à Morges le 4 mars 2019.

La MRL et la Société Jean-Jacques Rousseau lui rendent hommage en présentant deux épisodes de la série télévisuelle L’exercice de la liberté (RTS 2001)*, une autobiographie intellectuelle de Jean Starobinski.

Avec la participation de Martin Rueff, écrivain, critique, traducteur et poète, titulaire de la chaire de littérature française du 18e siècle de l’université de Genève, et de Guillaume Chenevière, historien, journaliste, spécialiste de l’histoire culturelle de Genève, interlocuteur de Jean Starobinski pour L’exercice de la liberté.

* L’ensemble des 13 épisodes qui composent ces Grands entretiens est accessible sur le site de la RTS : cliquer ici

 

Partenaire:

Safari de Salon

Regardez précisément autour de vous, car il se pourrait bien que le réel soit un véritable cabinet de curiosités. Emmené-es par Blaise Hofmann, vous vous promènerez dans le Salon, à l’affût de scènes ou de personnages à saisir sur le vif. A partir de vos observations et après quelques exercices d’échauffement, vous rédigerez vos récits au gré de vos inspirations.

 

Blaise Hofmann
Ecrivain voyageur, aventurier des continents exotiques et des terres familières, Blaise Hofmann est né à Morges. Il s’est fait connaître avec son récit de voyage Billet aller simple (éd.de L’Aire, 2006). En 2008, Estive (éd. Zoé) lui vaut le Prix Nicolas Bouvier au Festival Etonnants Voyageurs de Saint-Malo. Auteur d’une dizaine de romans, il écrit aussi régulièrement des pièces de théâtre et des livres pour la jeunesse. Il est l’un des deux librettistes de la Fête des Vignerons 2019.

L’art du polar

Frissons et suspense à l’horizon ! Avec Olivier Truc, un des as du polar actuels, vous découvrirez comment agencer les ingrédients nécessaires à faire un bon roman policier. A partir d’une photographie ou d’un thème tirés au sort, Olivier Truc vous guidera dans la construction d’un personnage principal et la mise en place d’une intrigue.

 

Olivier Truc
Romancier, documentariste et journaliste, Olivier Truc est né à Dax. Spécialiste des pays nordiques et baltes, il vit depuis 1994 à Stockholm. Il a été durant des années le correspondant du quotidien Le Monde, pour lequel il continue de réaliser des reportages et des enquêtes. Ce sont ses romans policiers qui l’ont révélé au grand public. En 2013, Le dernier Lapon lui vaut une vingtaine de distinctions, dont le prix Mystère de la critique et Quais du polar. L’auteur poursuit cette série avec deux titres : La Montagne rouge (2016) et Le Détroit du loup (2014). Ce captivant raconteur d’histoires vient de publier un roman d’aventure historique, Le cartographe des Indes boréales. Ses livres sont parus aux éditions Métailié.

Cécile Coulon | Rencontre

Dans le cadre du Printemps de la poésie, qui se tiendra du 1er au 13 avril 2019, nous recevons Cécile Coulon pour Les Ronces (éd. du Castor astral, 2018) en partenariat avec le Chat noir.

Premier recueil de poésie de cette auteure-phénomène, Les Ronces a reçu le prestigieux prix Apollinaire, considéré comme l’équivalent du Goncourt de la poésie.

Tout a commencé sur Facebook. Il y a environ quatre ans, Cécile Coulon décide de poster des poèmes, dans l’idée d’utiliser ce réseau social comme laboratoire littéraire et poétique. Les Ronces réunit l’ensemble de ces textes.

Ces poèmes narratifs conçus comme des micro-nouvelles disent la vie en direct, racontent des histoires brèves, des histoires d’amour (filial ou amoureux), de rencontre, de désir et de rupture. Traversés par le thème de la nature, ces textes écrits comme l’on tient un journal, où le concret du quotidien côtoie les pensées intimes, s’enracinent dans la terre. Alors que dans ses romans Cécile Coulon s’impose de ne jamais parler d’elle, sa poésie laisse filtrer une veine personnelle. « La poésie confie l’essentiel », dit-elle.

« Je voudrais que la poésie soit aussi naturelle à ceux
qui m’entourent, que l’émotion
qui jaillissait cette nuit-là, devant cette place
avec cette facilité improbable des moments qui n’auraient
pas dû être,
qui furent tout de même, mal fichus, débordants de grâce
et de paroles impossibles. » Les Ronces

Cécile Coulon publie son premier livre à l’âge de 16 ans (Le voleur de vie, éd. du Revoir, 2007). S’ensuivent un recueil de nouvelles et cinq romans, tous parus aux éditions Viviane Hamy. Parmi ceux-ci, Le roi n’a pas sommeil (2012) a obtenu le prix Mauvais Genres décerné par France Culture et le Nouvel Observateur, tandis que Trois saisons d’orage (2017) a reçu le Prix des Libraires. D’emblée, ses textes ont laissé transparaître une maturité exceptionnelle. Les Ronces est son premier pas dans la poésie.

En partenariat avec le Chat noir et le Printemps de la poésie.

 

Fureur de lire | Festival littéraire

La prochaine édition de la Fureur de lire se tiendra du 21 au 24 novembre 2019.

Ecrivain.e.s, artistes plasticien.ne.s et sonores, conteuses et conteurs, musiciens et musiciennes, comédiennes et comédiens… envoyez-nous vos projets d’ici au 24 mars.
Téléchargez l’appel à projets ici :FUREUR 2019_APPEL_A_PROJETS_MRL

Elisa Shua Dusapin, Michel Layaz et François Ansermet

Deux écrivains : Elisa Shua Dusapin (Prix suisse de littérature 2019) et Michel Layaz (Prix suisse de littérature 2017), un psychanalyste : François Ansermet ;
Une envie : faire dialoguer littérature et psychiatrie.

Cette soirée se déroulera en deux temps : François Ansermet conversera d’abord avec Elisa Shua Dusapin, puis avec Michel Layaz sur leurs livres respectifs, Les billes du Pachinko et Sans Silke. Deux ouvrages qui abordent les relations familiales et l’enfance.

Dans Sans Silke (éd. Zoé, 2019), la plume précise et puissamment évocatrice de Michel Layaz découvre par touches l’univers d’une petite fille, dont les parents vivent une relation exclusive qui lui laisse peu de place. Le monde onirique de l’enfance contrebalance par la poésie la brutalité tapie des rapports humains.

Ce style « par touches » qui suggère plus qu’il n’explicite se retrouve dans Les billes du Pachinko (éd. Zoé, 2018), qui a valu à Elisa Shua Dusapin le prix suisse de littérature 2019. Il y est question de rapports de famille, du fossé qui se crée entre les générations, entre les gens qui s’aiment, entre les langues et les cultures.

 

NOS INVITE.E.S
Comme le dit François Ansermet, c’est l’œuvre d’art qui enseigne à la psychanalyse et non l’inverse. Psychanalyste spécialisé dans la psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, il est Professeur honoraire aux universités de Genève et de Lausanne. Depuis 2013, il est membre du Comité consultatif national d’éthique à Paris. Sa recherche se concentre également sur les liens entre arts et sciences, notamment dans le cadre de la Fondation Agalma.

Elisa Shua Dusapin s’est fait remarquer avec son premier roman, Hiver à Sokcho (éd. Zoé, 2016), salué par plusieurs prix, dont le Prix Robert Walser. Née en 1992, d’un père français et d’une mère sud-coréenne, elle grandit en Suisse. Après avoir obtenu son diplôme à l’Institut littéraire de Bienne en 2014, elle a poursuivi ses études en Faculté de lettres à l’université de Lausanne. Elle travaille aussi dans le domaine du théâtre. Son premier roman a été adapté à la scène. Avec Les billes du Pachinko, elle signe un deuxième roman (éd. Zoé, 2018).

Michel Layaz se fait connaître en 2003 avec Les larmes de ma mère (éd. Zoé), un récit au style tendu et précis qui lui vaut le Prix Dentan et le Prix des auditeurs de la RTS. En 2017, il reçoit le Prix suisse de littérature pour son magnifique roman Louis Soutter, probablement (éd.Zoé). Les inadaptés, les failles intérieures, la complexité des rapports familiaux sont des motifs qui traversent son œuvre. Parmi ses autres livres, citons La joyeuse complainte de l’idiot, Deux sœurs, Cher Boniface, tous parus aux éditions Zoé. Plusieurs de ses textes sont traduits en italien, en allemand, en bulgare et prochainement en anglais.

 

Qui sont les écrivaines-voyageuses d’aujourd’hui ?

Qui sont donc les écrivaines-voyageuses d’aujourd’hui ?
Réponse avec deux jeunes femmes, nées en Suisse, sur les bords du Lac Léman. Deux baroudeuses et auteures, qui prennent la plume comme elles prennent la route, avec liberté et un sens aigu de la fraternité. Cette rencontre se tient en écho à notre exposition sur l’écrivaine et aventurière Isabelle Eberhardt (Isabelle Eberhardt, de l’une à l’autre, à voir à la Maison Tavel jusqu’au 7 avril 2019).

En été 2018 sort Petite de Sarah Gysler (éditions des Equateurs), un livre vif, au style rythmé, qui se fait très vite remarquer. Celle que l’on surnomme « l’aventurière fauchée » revient sur le début de sa vie – elle est née en 1994 – et sa rencontre avec le voyage à 20 ans – un coup de foudre. Son récit s’apparente à un chemin initiatique, une odyssée intime qui la réconcilie avec elle-même et lui apprend une valeur peu diffusée de nos jours : faire confiance à l’autre.

Quant à Sarah Chardonnens (1985), auteure de On n’arrête pas un peuple qui danse et Parfum de jasmin dans la nuit syrienne (tous deux parus aux éditions de l’Aire), elle traverse l’Europe sur sa petite moto syrienne, de la Suisse vers les terres sublimes du Levant, que les conflits ne cessent de meurtrir. Installée aujourd’hui à Beyrouth, elle travaille pour une ONG. Ses livres fleurent bon l’humanité tout en distillant connaissances et réflexions sur l’état de ces régions. Diplômée en sciences politiques, Sarah Chardonnens a fait coïncider son attachement au Moyen-Orient avec sa vie professionnelle.

Partenaire média : Grand Genève TV

 

Isabelle Eberhardt, de l’une à l’autre

Elle est née dans le quartier des Grottes, à Genève, en 1877, et a vécu une vie de météorite : à 27 ans, Isabelle Eberhardt est emportée par la crue d’un fleuve en Algérie, où elle vivait. Encore trop peu connue, cette auteure  – qui s’habillait en homme – a pourtant ouvert la voie à de célèbres écrivaines voyageuses, comme Ella Maillart. Passionnée par l’Orient, elle voyage dans ces régions de sable et de vent qui deviennent l’inspiration principale de ses textes.

Dans le cadre de sa saison nomade, la Maison de Rousseau et de la Littérature (MRL) s’associe à la Maison Tavel pour présenter une série de documents encore jamais montrés, sélectionnés par la commissaire de l’exposition Karelle Ménine. Manuscrits, extraits de carnets intimes, photographies, dessins composent ici la traversée intime et sensible d’une œuvre engagée et d’une écriture lyrique, assoiffée d’absolu.

VERNISSAGE
Jeudi 17 janvier dès 18h30
Verre offert, suivi d’une rencontre avec Laure Adler à 19h30
A cette occasion, Laure Adler s’entretiendra avec Karelle Ménine sur l’inscription des femmes dans l’histoire intellectuelle et littéraire

Le magazine La Couleur des jours consacre un dossier sur Isabelle Eberhardt dans son prochain numéro (sortie en décembre 2018, dans les kiosques de Suisse romande).

Production Maison de Rousseau et de la Littérature (MRL), Fatrasproduction/Adelitt
Partenaires  Musées d’Art et d’Histoire,  Archives nationales d’outre-mer,  Archives d’Etat de Genève.
Soutiens République et canton de Genève, Ville de Genève

 

Rencontre avec Laure Adler

Les femmes pensent.
Les femmes écrivent et créent.
Et cela, depuis les siècles des siècles.
Elles produisent des œuvres magistrales et d’autres moins réussies – à l’instar de leurs pairs masculins. Pourquoi l’accès à la reconnaissance leur est-il pourtant si difficile ? Pour rendre hommage à ces femmes – qu’elles soient célèbres ou méconnues – et les réhabiliter, Laure Adler a signé plusieurs ouvrages remarquables (Dictionnaire intime des femmes, Les femmes qui écrivent vivent dangereusement et  Les femmes qui lisent sont dangereuses, en collaboration avec Stefan Bollmann…). Tout dernièrement, elle a complété cette série en publiant, avec Camille Viéville, Les femmes artistes sont dangereuses. Sa thèse d’Histoire s’approchait d’ailleurs déjà de ce sujet, en se penchant sur les féministes du XIXe siècle.

Nous recevons cette icône du monde culturel dans le cadre de notre exposition Isabelle Eberhardt, de l’une à l’autre qui se tiendra à la Maison Tavel du 17 janvier au 7 avril 2019. Une rencontre menée par Karelle Ménine (commissaire d’exposition), sur l’inscription des femmes dans l’histoire littéraire et intellectuelle.

LAURE ADLER
Est-il encore nécessaire de présenter Laure Adler ? Historienne, écrivaine et journaliste, Laure Adler est aussi cette voix reconnaissable entre toutes qui anime aujourd’hui les ondes de France Inter (L’Heure bleue), après avoir habité celles de France Culture. Elle a bâti un parcours professionnel rayonnant. Conseillère culturelle de François Mitterand en 1990, elle devient directrice des documentaires et des émissions culturelles sur France 2 en 1992. elle dirige France Culture de 1999 à 2005. Elle collabore également avec des maisons d’édition (Payot, Denoël, Plon). En 1997, elle rejoint les éditions Grasset, en tant que responsable des essais et documents. Elle est l’auteure de nombreux essais et de plusieurs biographies, notamment de Marguerite Duras, Hannah Arendt, Françoise Giroud, Simone Weil.

Promenade Rousseau

Parcourons Genève sur les traces de Rousseau, de sa maison natale dans la Vieille Ville, à Coutance où il a vécu dans l’atelier d’horlogerie de son père. En passant par la Treille, l’Eglise Saint-Germain et la Résidence de France, nous irons à la place de Saint-Gervais,  lieu de la fameuse fête de la Lettre à d’Alembert, à la rue des Etuves, où Jean-Jacques est devenu apprenti graveur, puis à l’Ile Rousseau, aussi haïe qu’admirée, au Perron, théâtre d’un sanglant conflit qui a marqué Rousseau, à Saint-Pierre et à l’Hôtel-de-Ville, où l’Emile et le Contrat social ont été condamnés et publiquement brûlés par le gouvernement patricien.
Partout nous attend l’ombre d’un géant de la littérature et de la pensée universelle.  Il a follement aimé sa ville natale et l’a donnée au monde en modèle ;  elle l’a déçu et il l’a reniée par deux fois, mais, fortement marqué par elle, il l’a influencée de manière décisive. On a longtemps dit « Genève cité de Rousseau » autant que de Calvin…

Une proposition élaborée par Guillaume Chenevière, fin connaisseur de la vie et de l’œuvre de Jean-Jacques Rousseau, auteur de Rousseau, une histoire genevoise, éd. Labor et Fides, 2012

Pour les groupes (sur demande) : il est possible de réserver une promenade guidée en dehors des dates proposées. Renseignements auprès de l’Office du Tourisme.

Les Promenades Rousseau ont lieu tous les premiers dimanches du mois

 

EXILS | Mélanie Chappuis et Jérémie Kisling

« Il est des exils qui font la une de l’actualité. Des drames auxquels nous assistons en direct. Il est des exils qui ont bouleversé l’histoire, qui laissent leur empreinte à jamais. Il est aussi des éloignements plus intimes. Cette place à trouver, entre le lieu de ses origines et celui où l’on réside. Cette terre dans laquelle s’enraciner, ou cette patrie à rejoindre. Il y a des hommes et des femmes comme des territoires, et des exils amoureux. Chacun d’entre nous abrite en lui sa part de déportation. » Mélanie Chappuis

L’écrivaine Mélanie Chappuis et le chanteur Jérémie Kisling mettent leur voix leurs univers en commun pour visiter ces exils. Le musicien se fait par moments lecteur, la lectrice, choriste, dans cette création où l’humour s’invite par petites touches pour offrir un spectacle intime et fraternel.

En partenariat avec :

Ivan Jablonka | Rencontre

Ivan Jablonka, historien et écrivain, développe une œuvre fondamentalement originale et libre qui marie sciences humaines et littérature. Cet intellectuel brillant s’est fait connaître du grand public avec son livre-enquête Laëtitia ou la fin des hommes (Prix Médicis 2016). Outre notamment l’enfance, l’autobiographie et la famille, le thème de l’exil est l’un des sujets clés de sa recherche.

Avec En camping-car (Seuil, 2018), il signe un texte aussi inclassable que roboratif. A partir de souvenirs de vacances de son enfance, passées à sillonner les routes en camping-car, Ivan Jablonka fait de l’autobiographie une socio-histoire et dresse le tableau précis d’une époque. Il conjugue avec brio la petite et la grande histoire, tisse des parallèles entre bouleversements collectifs et privés, tout en offrant une lecture du 20e siècle européen et de l’évolution socio-économique de notre société. Virtuose !

Parmi les autres livres d’Ivan Jablonka, tous publiés aux éditions du Seuil, citons notamment : Histoire des grands-parents que je n’ai pas eus (2016, couronné par plusieurs prix dont le Prix Guizot de l’Académie française et le Prix du Sénat du livre d’histoire), L’Histoire est une littérature contemporaine (2014), Le corps des autres (2015), Les vérités inavouables de Jean Genet (2014), Les enfants de la République (2010), Enfants en exil (2007).

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Nathalie Azoulai et Christian Haller | Rencontre

Traces d’exil. Après Titus n’aimait pas Bérénice (Prix Médicis 2015), Nathalie Azoulai signe un nouveau roman saisissant, tendu entre l’Orient et l’Occident. Les Spectateurs (P.O.L., 2018) nous entraîne dans les tremblements de l’identité, sur les chemins de l’intégration.

Le 27 novembre 1967, un garçon de 13 ans regarde une conférence de presse de De Gaulle à la télévision. Avec lui dans le salon, sa petite sœur et ses parents, qui ont fui leur pays des années auparavant. L’enfant, né en France, réalise alors soudain le sens du mot exil. A partir de cet instant, il va chercher à comprendre ce qu’ont vécu ses parents, comment l’on quitte son pays natal et sa langue, ce que l’on emporte avec soi. Mais autour de lui, personne ne semble prêt à répondre.
A partir de cette histoire singulière, Nathalie Azoulai tisse avec acuité et talent une fable universelle sur l’identité et la quête paradoxale de l’ailleurs et de l’enracinement.

Quant au roman La musique engloutie (éd. Zoé, 2018) de Christian Haller, il nous introduit lui aussi au cœur d’une expérience de l’exil. Alors que la mère du narrateur – installée désormais en Suisse – commence à perdre la mémoire, elle revient inlassablement vers les souvenirs de son enfance passée à Bucarest. Pour démêler les fils de cette mémoire confuse, le protagoniste décide de se rendre en Roumanie, sur les lieux évoqués par sa mère. Animée par une série de personnages haut en couleurs, cette remontée dans le temps se transforme en une traversée à la fois haletante et bouleversante de l’histoire de l’Europe du 20e siècle.

 

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Jean-Quentin Châtelain lit « Manuel d’exil »

En amont de la rencontre avec Velibor Colic et Marina Skalova.

Avec son magnétisme vibrant et sa manière tellement personnelle de faire vivre les textes, l’acteur Jean-Quentin Châtelain incarne les mots de Velibor Colic. Sous la direction de la metteure en scène Maya Bösch, il entre dans la chair de Manuel d’exil (Gallimard, 2016) et donne en partage ce roman traversé d’humour, de sensualité, de noirceur et d’une confiance folle en l’humanité.

Quant à Maya Bösch – fougueuse bâtisseuse de tout ce qui donne sens à l’expérience commune et au vivre ensemble -, elle propose un fragment choisi de Manuel d’exil, comme un avant-goût au spectacle qu’elle mettra en scène au Théâtre Saint-Gervais, durant la saison 2019-2020.

En collaboration avec le Théâtre Saint-Gervais, Genève

En partenariat avec

Velibor Colic et Marina Skalova | Rencontre

L’exil des langues. Soirée en deux temps :
19h30
Lecture de Manuel d’exil de Velibor Colic par Jean-Quentin Châtelain sous la direction de Maya Bösch
20h15
Rencontre avec Marina Skalova et Velibor Colic, modérée par Pascal Schouwey

Marina SkalovaVelibor Colic : Une génération les sépare, leur parcours de vie n’a rien à voir l’un avec l’autre, leur chemin d’écriture non plus. Mais pourquoi vouloir les réunir ?… Pour leur rapport à la langue – leur patrie – ou plutôt faudrait-il dire aux langues.

Avec Manuel d’exil (Gallimard, 2016), Velibor Colic signe un récit autobiographique. Il y raconte son intégration en France, après avoir déserté l’armée bosniaque. Nous sommes au début des années 1990. Le narrateur débarque dans un foyer pour réfugiés à Rennes avec un rêve en tête : décrocher le Goncourt. Humour et émotion se conjuguent dans ce livre qui rappelle combien la langue est un lieu refuge et un espace symbolique, la « courageuse sentinelle » de l’humanité pour reprendre les mots de Colic.

La démarche de Marina Skalova (auteure et traductrice) est traversée par les questions de frontières, de migrations, d’appartenance. Dans Exploration du flux (Seuil, 2018) elle retourne le terme flux dans tous les sens : flux migratoires, flux corporels, flux financiers, tout en ouvrant une réflexion sur les politiques migratoires européennes et le repli sur soi du Vieux Continent. Un texte poétique, au style ciselé et scandé comme un rap.

Écrire POUR CONTRE AVEC|Variations sur l’exil

Pour la 6e édition de notre manifestation annuelle ECRIRE POUR CONTRE AVEC, la Maison de Rousseau et de la Littérature (MRL) part sur les traces de l’exil.

On sait combien ce thème rime avec drames et humanité mise à mal. Par notre sélection d’écrivains, nous avons choisi d’aborder ce sujet par la bande, par touches, pour ouvrir des champs de réflexion et d’émotions. Comment l’expérience de l’exil se diffuse-t-elle (ou infuse-t-elle) dans l’histoire d’un individu ou d’une famille, à travers les générations ? Quelles empreintes laisse-t-elle ? Pourquoi certains auteurs décident-ils d’écrire dans une langue autre que leur langue maternelle ? Autant de questions que nous nous poserons ici. A celles-ci se joindront les notions de mémoire et d’absence, d’identité et de transmission intimement liées.

Tous les rendez-vous de cette édition ont lieu chez notre partenaire le Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, dans le cadre de son exposition EXIL (à voir jusqu’au 25 novembre 2018).
Les livres des auteurs invités nous sont fournis par la Librairie du Boulevard.

AU PROGRAMME :

Dimanche 11 novembre de 14h30 à 16h
Exil— concert déambulatoire par l’ensemble de percussion contemporaine Eklekto (plus d’infos ici)

Mercredi 14 novembre à 19h30
Rencontre avec Velibor Colic et Marina Skalova
Modération : Pascal Schouwey

En ouverture de soirée : lecture de Manuel d’exil de Velibor Colic par l’acteur Jean-Quentin Châtelain, sous la direction de la metteure en scène Maya Bösch. Cette lecture est donnée en avant-première du spectacle que Maya Bösch créera au Théâtre Saint-Gervais durant la saison 2019-2020.

Jeudi 15 novembre à 19h30
Rencontre avec Nathalie Azoulai et Christian Haller
Modération : Lydia Gabor

Dimanche 18 novembre à 14h30
Visite commentée de l’exposition EXIL (1h30)  (plus d’infos ici )

Mardi 20 novembre à 19h30
ExilS — spectacle musico-littéraire de Mélanie Chappuis et Jérémie Kisling

Mardi 27 novembre à 19h30
Rencontre avec Ivan Jablonka
Modération : Mélanie Croubalian

Partenaires

Dossier de présentation à consulter ici : Variations sur l’exil || ECRIRE POUR CONTRE AVEC

Valérie Poirier |Le dialogue dans tous ses états

Dire ou ne pas dire, là est la question. L’art du dialogue touche à son apogée quand il dit sans dire, ou ne dit pas tout en disant. Autrement dit : quand il exprime les non-dits, le décalage entre la pensée d’un personnage et sa parole, ou encore qu’il révèle les intentions enfouies d’un individu. Mais comment faire pour dire sans trop en dire ? C’est ce que vous découvrirez avec Valérie Poirier. A partir du dialogue de théâtre, vous explorerez les différents états de ce registre passionnant.

Comédienne, auteure et metteure en scène, Valérie Poirier a signé des recueils de nouvelles et écrit pour le théâtre. Son univers de mots plonge au cœur du quotidien pour en extraire des situations qui racontent avec délectation la complexité de l’être humain. Parmi ses pièces, on se souvient notamment de Quelqu’un d’autre (récemment jouée au Théâtre Le Crève-cœur), Palavie, Loin du bal, Un conte cruel, Quand la vie bégaie, toutes montées sur les scènes romandes. Plusieurs de ses pièces sont publiées chez Bernard Campiche Editeur. En 2017, elle a reçu le Prix suisse de théâtre pour l’ensemble de son parcours.

Odile Cornuz | Bref et intense

Odile Cornuz vous entraîne dans une exploration savoureuse des formes brèves. Que vous choisissiez ici d’écrire un récit court, de la prose poétique ou encore un texte adressé à quelqu’un – comme un monologue de théâtre par exemple -, vous verrez que brièveté se conjugue parfaitement avec intensité, et que l’on peut dire beaucoup en peu de mots. La recette ? Faire confiance à la langue et à sa capacité expressive, être attentif à la construction du texte, générer des images qui ouvrent des fenêtres dans la tête du lecteur et lui laissent sa part d’imagination.

 

Odile Cornuz développe une œuvre foisonnante et multiple, en solo ou en collectif. Auteure de récits, de nouvelles, de romans, de pièces radiophoniques et de pièces de théâtre, elle signe aussi des essais littéraires. Son dernier livre, Ma ralentie, vient de paraître aux éditions D’autre part (2018). Au théâtre, elle a été auteure en résidence au Royal Court de Londres, à la Comédie de Genève et, ces trois dernières années, au Théâtre Kléber Méleau (TKM). Ses textes sont régulièrement mis en scène. Odile Cornuz a également achevé une thèse de doctorat en littérature française, à l’Université de Neuchâtel, intitulée D’une pratique médiatique à un geste littéraire : le livre d’entretien au 20e siècle. Un livre en a été extrait et édité par Droz en 2016.

Arthur Brügger | Déclenchez vos souvenirs

Le souvenir est une des ressources prolifiques de l’écriture, qu’elle soit autobiographique ou fictionnelle. Arthur Brügger a élaboré pour vous une série d’exercices ingénieux qui vous permettront de voyager dans la mémoire. Ensemble, vous explorerez divers moyens de déclencher des souvenirs – réels ou imaginaires – et de les organiser, pour les mettre en récit. Photographies, lieux, gestes, sensations présentes et passées seront ici autant de déclencheurs à exploiter.

 

Arthur Brügger appartient aux jeunes auteurs qui font la scène littéraire helvétique actuelle. Diplômé de l’Institut littéraire suisse, il est membre du collectif AJAR, dont le livre Vivre près des tilleuls (éd. Flammarion) a eu un retentissant écho national et international. Il fait aussi partie du collectif d’auteurs Hétérotrophes. Son roman le plus connu, L’œil de l’espadon (Prix Bibliomedia 2016), a été publié par les Editions Zoé en 2015 et traduit en italien et en allemand. Ses textes paraissent régulièrement dans des revues et des anthologies. Parallèlement à l’écriture, Arthur Brügger développe une démarche performative, notamment avec le groupe de musique The Mysterious Traveller.

 

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