Cécile Coulon | Rencontre

Dans le cadre du Printemps de la poésie, qui se tiendra du 1er au 13 avril 2019, nous recevons Cécile Coulon pour Les Ronces (éd. du Castor astral, 2018) en partenariat avec le Chat noir.

Premier recueil de poésie de cette auteure-phénomène, Les Ronces a reçu le prestigieux prix Apollinaire, considéré comme l’équivalent du Goncourt de la poésie.

Tout a commencé sur Facebook. Il y a environ quatre ans, Cécile Coulon décide de poster des poèmes, dans l’idée d’utiliser ce réseau social comme laboratoire littéraire et poétique. Les Ronces réunit l’ensemble de ces textes.

Ces poèmes narratifs conçus comme des micro-nouvelles disent la vie en direct, racontent des histoires brèves, des histoires d’amour (filial ou amoureux), de rencontre, de désir et de rupture. Traversés par le thème de la nature, ces textes écrits comme l’on tient un journal, où le concret du quotidien côtoie les pensées intimes, s’enracinent dans la terre. Alors que dans ses romans Cécile Coulon s’impose de ne jamais parler d’elle, sa poésie laisse filtrer une veine personnelle. « La poésie confie l’essentiel », dit-elle.

« Je voudrais que la poésie soit aussi naturelle à ceux
qui m’entourent, que l’émotion
qui jaillissait cette nuit-là, devant cette place
avec cette facilité improbable des moments qui n’auraient
pas dû être,
qui furent tout de même, mal fichus, débordants de grâce
et de paroles impossibles. » Les Ronces

Cécile Coulon publie son premier livre à l’âge de 16 ans (Le voleur de vie, éd. du Revoir, 2007). S’ensuivent un recueil de nouvelles et cinq romans, tous parus aux éditions Viviane Hamy. Parmi ceux-ci, Le roi n’a pas sommeil (2012) a obtenu le prix Mauvais Genres décerné par France Culture et le Nouvel Observateur, tandis que Trois saisons d’orage (2017) a reçu le Prix des Libraires. D’emblée, ses textes ont laissé transparaître une maturité exceptionnelle. Les Ronces est son premier pas dans la poésie.

En partenariat avec le Chat noir et le Printemps de la poésie.

 

Fureur de lire | Festival littéraire

La prochaine édition de la Fureur de lire se tiendra du 21 au 24 novembre 2019.

Ecrivain.e.s, artistes plasticien.ne.s et sonores, conteuses et conteurs, musiciens et musiciennes, comédiennes et comédiens… envoyez-nous vos projets d’ici au 24 mars.
Téléchargez l’appel à projets ici :FUREUR 2019_APPEL_A_PROJETS_MRL

Elisa Shua Dusapin, Michel Layaz et François Ansermet

Deux écrivains : Elisa Shua Dusapin (Prix suisse de littérature 2019) et Michel Layaz (Prix suisse de littérature 2017), un psychanalyste : François Ansermet ;
Une envie : faire dialoguer littérature et psychiatrie.

Cette soirée se déroulera en deux temps : François Ansermet conversera d’abord avec Elisa Shua Dusapin, puis avec Michel Layaz sur leurs livres respectifs, Les billes du Pachinko et Sans Silke. Deux ouvrages qui abordent les relations familiales et l’enfance.

Dans Sans Silke (éd. Zoé, 2019), la plume précise et puissamment évocatrice de Michel Layaz découvre par touches l’univers d’une petite fille, dont les parents vivent une relation exclusive qui lui laisse peu de place. Le monde onirique de l’enfance contrebalance par la poésie la brutalité tapie des rapports humains.

Ce style « par touches » qui suggère plus qu’il n’explicite se retrouve dans Les billes du Pachinko (éd. Zoé, 2018), qui a valu à Elisa Shua Dusapin le prix suisse de littérature 2019. Il y est question de rapports de famille, du fossé qui se crée entre les générations, entre les gens qui s’aiment, entre les langues et les cultures.

 

NOS INVITE.E.S
Comme le dit François Ansermet, c’est l’œuvre d’art qui enseigne à la psychanalyse et non l’inverse. Psychanalyste spécialisé dans la psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, il est Professeur honoraire aux universités de Genève et de Lausanne. Depuis 2013, il est membre du Comité consultatif national d’éthique à Paris. Sa recherche se concentre également sur les liens entre arts et sciences, notamment dans le cadre de la Fondation Agalma.

Elisa Shua Dusapin s’est fait remarquer avec son premier roman, Hiver à Sokcho (éd. Zoé, 2016), salué par plusieurs prix, dont le Prix Robert Walser. Née en 1992, d’un père français et d’une mère sud-coréenne, elle grandit en Suisse. Après avoir obtenu son diplôme à l’Institut littéraire de Bienne en 2014, elle a poursuivi ses études en Faculté de lettres à l’université de Lausanne. Elle travaille aussi dans le domaine du théâtre. Son premier roman a été adapté à la scène. Avec Les billes du Pachinko, elle signe un deuxième roman (éd. Zoé, 2018).

Michel Layaz se fait connaître en 2003 avec Les larmes de ma mère (éd. Zoé), un récit au style tendu et précis qui lui vaut le Prix Dentan et le Prix des auditeurs de la RTS. En 2017, il reçoit le Prix suisse de littérature pour son magnifique roman Louis Soutter, probablement (éd.Zoé). Les inadaptés, les failles intérieures, la complexité des rapports familiaux sont des motifs qui traversent son œuvre. Parmi ses autres livres, citons La joyeuse complainte de l’idiot, Deux sœurs, Cher Boniface, tous parus aux éditions Zoé. Plusieurs de ses textes sont traduits en italien, en allemand, en bulgare et prochainement en anglais.

 

Qui sont les écrivaines-voyageuses d’aujourd’hui ?

Qui sont donc les écrivaines-voyageuses d’aujourd’hui ?
Réponse avec deux jeunes femmes, nées en Suisse, sur les bords du Lac Léman. Deux baroudeuses et auteures, qui prennent la plume comme elles prennent la route, avec liberté et un sens aigu de la fraternité. Cette rencontre se tient en écho à notre exposition sur l’écrivaine et aventurière Isabelle Eberhardt (Isabelle Eberhardt, de l’une à l’autre, à voir à la Maison Tavel jusqu’au 7 avril 2019).

En été 2018 sort Petite de Sarah Gysler (éditions des Equateurs), un livre vif, au style rythmé, qui se fait très vite remarquer. Celle que l’on surnomme « l’aventurière fauchée » revient sur le début de sa vie – elle est née en 1994 – et sa rencontre avec le voyage à 20 ans – un coup de foudre. Son récit s’apparente à un chemin initiatique, une odyssée intime qui la réconcilie avec elle-même et lui apprend une valeur peu diffusée de nos jours : faire confiance à l’autre.

Quant à Sarah Chardonnens (1985), auteure de On n’arrête pas un peuple qui danse et Parfum de jasmin dans la nuit syrienne (tous deux parus aux éditions de l’Aire), elle traverse l’Europe sur sa petite moto syrienne, de la Suisse vers les terres sublimes du Levant, que les conflits ne cessent de meurtrir. Installée aujourd’hui à Beyrouth, elle travaille pour une ONG. Ses livres fleurent bon l’humanité tout en distillant connaissances et réflexions sur l’état de ces régions. Diplômée en sciences politiques, Sarah Chardonnens a fait coïncider son attachement au Moyen-Orient avec sa vie professionnelle.

Partenaire média : Grand Genève TV

 

Isabelle Eberhardt, de l’une à l’autre

Elle est née dans le quartier des Grottes, à Genève, en 1877, et a vécu une vie de météorite : à 27 ans, Isabelle Eberhardt est emportée par la crue d’un fleuve en Algérie, où elle vivait. Encore trop peu connue, cette auteure  – qui s’habillait en homme – a pourtant ouvert la voie à de célèbres écrivaines voyageuses, comme Ella Maillart. Passionnée par l’Orient, elle voyage dans ces régions de sable et de vent qui deviennent l’inspiration principale de ses textes.

Dans le cadre de sa saison nomade, la Maison de Rousseau et de la Littérature (MRL) s’associe à la Maison Tavel pour présenter une série de documents encore jamais montrés, sélectionnés par la commissaire de l’exposition Karelle Ménine. Manuscrits, extraits de carnets intimes, photographies, dessins composent ici la traversée intime et sensible d’une œuvre engagée et d’une écriture lyrique, assoiffée d’absolu.

VERNISSAGE
Jeudi 17 janvier dès 18h30
Verre offert, suivi d’une rencontre avec Laure Adler à 19h30
A cette occasion, Laure Adler s’entretiendra avec Karelle Ménine sur l’inscription des femmes dans l’histoire intellectuelle et littéraire

Le magazine La Couleur des jours consacre un dossier sur Isabelle Eberhardt dans son prochain numéro (sortie en décembre 2018, dans les kiosques de Suisse romande).

Production Maison de Rousseau et de la Littérature (MRL), Fatrasproduction/Adelitt
Partenaires  Musées d’Art et d’Histoire,  Archives nationales d’outre-mer,  Archives d’Etat de Genève.
Soutiens République et canton de Genève, Ville de Genève

 

Rencontre avec Laure Adler

Les femmes pensent.
Les femmes écrivent et créent.
Et cela, depuis les siècles des siècles.
Elles produisent des œuvres magistrales et d’autres moins réussies – à l’instar de leurs pairs masculins. Pourquoi l’accès à la reconnaissance leur est-il pourtant si difficile ? Pour rendre hommage à ces femmes – qu’elles soient célèbres ou méconnues – et les réhabiliter, Laure Adler a signé plusieurs ouvrages remarquables (Dictionnaire intime des femmes, Les femmes qui écrivent vivent dangereusement et  Les femmes qui lisent sont dangereuses, en collaboration avec Stefan Bollmann…). Tout dernièrement, elle a complété cette série en publiant, avec Camille Viéville, Les femmes artistes sont dangereuses. Sa thèse d’Histoire s’approchait d’ailleurs déjà de ce sujet, en se penchant sur les féministes du XIXe siècle.

Nous recevons cette icône du monde culturel dans le cadre de notre exposition Isabelle Eberhardt, de l’une à l’autre qui se tiendra à la Maison Tavel du 17 janvier au 7 avril 2019. Une rencontre menée par Karelle Ménine (commissaire d’exposition), sur l’inscription des femmes dans l’histoire littéraire et intellectuelle.

LAURE ADLER
Est-il encore nécessaire de présenter Laure Adler ? Historienne, écrivaine et journaliste, Laure Adler est aussi cette voix reconnaissable entre toutes qui anime aujourd’hui les ondes de France Inter (L’Heure bleue), après avoir habité celles de France Culture. Elle a bâti un parcours professionnel rayonnant. Conseillère culturelle de François Mitterand en 1990, elle devient directrice des documentaires et des émissions culturelles sur France 2 en 1992. elle dirige France Culture de 1999 à 2005. Elle collabore également avec des maisons d’édition (Payot, Denoël, Plon). En 1997, elle rejoint les éditions Grasset, en tant que responsable des essais et documents. Elle est l’auteure de nombreux essais et de plusieurs biographies, notamment de Marguerite Duras, Hannah Arendt, Françoise Giroud, Simone Weil.

Promenade Rousseau

Parcourons Genève sur les traces de Rousseau, de sa maison natale dans la Vieille Ville, à Coutance où il a vécu dans l’atelier d’horlogerie de son père. En passant par la Treille, l’Eglise Saint-Germain et la Résidence de France, nous irons à la place de Saint-Gervais,  lieu de la fameuse fête de la Lettre à d’Alembert, à la rue des Etuves, où Jean-Jacques est devenu apprenti graveur, puis à l’Ile Rousseau, aussi haïe qu’admirée, au Perron, théâtre d’un sanglant conflit qui a marqué Rousseau, à Saint-Pierre et à l’Hôtel-de-Ville, où l’Emile et le Contrat social ont été condamnés et publiquement brûlés par le gouvernement patricien.
Partout nous attend l’ombre d’un géant de la littérature et de la pensée universelle.  Il a follement aimé sa ville natale et l’a donnée au monde en modèle ;  elle l’a déçu et il l’a reniée par deux fois, mais, fortement marqué par elle, il l’a influencée de manière décisive. On a longtemps dit « Genève cité de Rousseau » autant que de Calvin…

Une proposition élaborée par Guillaume Chenevière, fin connaisseur de la vie et de l’œuvre de Jean-Jacques Rousseau, auteur de Rousseau, une histoire genevoise, éd. Labor et Fides, 2012

Pour les groupes (sur demande) : il est possible de réserver une promenade guidée en dehors des dates proposées. Renseignements auprès de l’Office du Tourisme.

Les Promenades Rousseau ont lieu tous les premiers dimanches du mois

 

EXILS | Mélanie Chappuis et Jérémie Kisling

« Il est des exils qui font la une de l’actualité. Des drames auxquels nous assistons en direct. Il est des exils qui ont bouleversé l’histoire, qui laissent leur empreinte à jamais. Il est aussi des éloignements plus intimes. Cette place à trouver, entre le lieu de ses origines et celui où l’on réside. Cette terre dans laquelle s’enraciner, ou cette patrie à rejoindre. Il y a des hommes et des femmes comme des territoires, et des exils amoureux. Chacun d’entre nous abrite en lui sa part de déportation. » Mélanie Chappuis

L’écrivaine Mélanie Chappuis et le chanteur Jérémie Kisling mettent leur voix leurs univers en commun pour visiter ces exils. Le musicien se fait par moments lecteur, la lectrice, choriste, dans cette création où l’humour s’invite par petites touches pour offrir un spectacle intime et fraternel.

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Ivan Jablonka | Rencontre

Ivan Jablonka, historien et écrivain, développe une œuvre fondamentalement originale et libre qui marie sciences humaines et littérature. Cet intellectuel brillant s’est fait connaître du grand public avec son livre-enquête Laëtitia ou la fin des hommes (Prix Médicis 2016). Outre notamment l’enfance, l’autobiographie et la famille, le thème de l’exil est l’un des sujets clés de sa recherche.

Avec En camping-car (Seuil, 2018), il signe un texte aussi inclassable que roboratif. A partir de souvenirs de vacances de son enfance, passées à sillonner les routes en camping-car, Ivan Jablonka fait de l’autobiographie une socio-histoire et dresse le tableau précis d’une époque. Il conjugue avec brio la petite et la grande histoire, tisse des parallèles entre bouleversements collectifs et privés, tout en offrant une lecture du 20e siècle européen et de l’évolution socio-économique de notre société. Virtuose !

Parmi les autres livres d’Ivan Jablonka, tous publiés aux éditions du Seuil, citons notamment : Histoire des grands-parents que je n’ai pas eus (2016, couronné par plusieurs prix dont le Prix Guizot de l’Académie française et le Prix du Sénat du livre d’histoire), L’Histoire est une littérature contemporaine (2014), Le corps des autres (2015), Les vérités inavouables de Jean Genet (2014), Les enfants de la République (2010), Enfants en exil (2007).

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Nathalie Azoulai et Christian Haller | Rencontre

Traces d’exil. Après Titus n’aimait pas Bérénice (Prix Médicis 2015), Nathalie Azoulai signe un nouveau roman saisissant, tendu entre l’Orient et l’Occident. Les Spectateurs (P.O.L., 2018) nous entraîne dans les tremblements de l’identité, sur les chemins de l’intégration.

Le 27 novembre 1967, un garçon de 13 ans regarde une conférence de presse de De Gaulle à la télévision. Avec lui dans le salon, sa petite sœur et ses parents, qui ont fui leur pays des années auparavant. L’enfant, né en France, réalise alors soudain le sens du mot exil. A partir de cet instant, il va chercher à comprendre ce qu’ont vécu ses parents, comment l’on quitte son pays natal et sa langue, ce que l’on emporte avec soi. Mais autour de lui, personne ne semble prêt à répondre.
A partir de cette histoire singulière, Nathalie Azoulai tisse avec acuité et talent une fable universelle sur l’identité et la quête paradoxale de l’ailleurs et de l’enracinement.

Quant au roman La musique engloutie (éd. Zoé, 2018) de Christian Haller, il nous introduit lui aussi au cœur d’une expérience de l’exil. Alors que la mère du narrateur – installée désormais en Suisse – commence à perdre la mémoire, elle revient inlassablement vers les souvenirs de son enfance passée à Bucarest. Pour démêler les fils de cette mémoire confuse, le protagoniste décide de se rendre en Roumanie, sur les lieux évoqués par sa mère. Animée par une série de personnages haut en couleurs, cette remontée dans le temps se transforme en une traversée à la fois haletante et bouleversante de l’histoire de l’Europe du 20e siècle.

 

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Jean-Quentin Châtelain lit « Manuel d’exil »

En amont de la rencontre avec Velibor Colic et Marina Skalova.

Avec son magnétisme vibrant et sa manière tellement personnelle de faire vivre les textes, l’acteur Jean-Quentin Châtelain incarne les mots de Velibor Colic. Sous la direction de la metteure en scène Maya Bösch, il entre dans la chair de Manuel d’exil (Gallimard, 2016) et donne en partage ce roman traversé d’humour, de sensualité, de noirceur et d’une confiance folle en l’humanité.

Quant à Maya Bösch – fougueuse bâtisseuse de tout ce qui donne sens à l’expérience commune et au vivre ensemble -, elle propose un fragment choisi de Manuel d’exil, comme un avant-goût au spectacle qu’elle mettra en scène au Théâtre Saint-Gervais, durant la saison 2019-2020.

En collaboration avec le Théâtre Saint-Gervais, Genève

En partenariat avec

Velibor Colic et Marina Skalova | Rencontre

L’exil des langues. Soirée en deux temps :
19h30
Lecture de Manuel d’exil de Velibor Colic par Jean-Quentin Châtelain sous la direction de Maya Bösch
20h15
Rencontre avec Marina Skalova et Velibor Colic, modérée par Pascal Schouwey

Marina SkalovaVelibor Colic : Une génération les sépare, leur parcours de vie n’a rien à voir l’un avec l’autre, leur chemin d’écriture non plus. Mais pourquoi vouloir les réunir ?… Pour leur rapport à la langue – leur patrie – ou plutôt faudrait-il dire aux langues.

Avec Manuel d’exil (Gallimard, 2016), Velibor Colic signe un récit autobiographique. Il y raconte son intégration en France, après avoir déserté l’armée bosniaque. Nous sommes au début des années 1990. Le narrateur débarque dans un foyer pour réfugiés à Rennes avec un rêve en tête : décrocher le Goncourt. Humour et émotion se conjuguent dans ce livre qui rappelle combien la langue est un lieu refuge et un espace symbolique, la « courageuse sentinelle » de l’humanité pour reprendre les mots de Colic.

La démarche de Marina Skalova (auteure et traductrice) est traversée par les questions de frontières, de migrations, d’appartenance. Dans Exploration du flux (Seuil, 2018) elle retourne le terme flux dans tous les sens : flux migratoires, flux corporels, flux financiers, tout en ouvrant une réflexion sur les politiques migratoires européennes et le repli sur soi du Vieux Continent. Un texte poétique, au style ciselé et scandé comme un rap.

Écrire POUR CONTRE AVEC|Variations sur l’exil

Pour la 6e édition de notre manifestation annuelle ECRIRE POUR CONTRE AVEC, la Maison de Rousseau et de la Littérature (MRL) part sur les traces de l’exil.

On sait combien ce thème rime avec drames et humanité mise à mal. Par notre sélection d’écrivains, nous avons choisi d’aborder ce sujet par la bande, par touches, pour ouvrir des champs de réflexion et d’émotions. Comment l’expérience de l’exil se diffuse-t-elle (ou infuse-t-elle) dans l’histoire d’un individu ou d’une famille, à travers les générations ? Quelles empreintes laisse-t-elle ? Pourquoi certains auteurs décident-ils d’écrire dans une langue autre que leur langue maternelle ? Autant de questions que nous nous poserons ici. A celles-ci se joindront les notions de mémoire et d’absence, d’identité et de transmission intimement liées.

Tous les rendez-vous de cette édition ont lieu chez notre partenaire le Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, dans le cadre de son exposition EXIL (à voir jusqu’au 25 novembre 2018).
Les livres des auteurs invités nous sont fournis par la Librairie du Boulevard.

AU PROGRAMME :

Dimanche 11 novembre de 14h30 à 16h
Exil— concert déambulatoire par l’ensemble de percussion contemporaine Eklekto (plus d’infos ici)

Mercredi 14 novembre à 19h30
Rencontre avec Velibor Colic et Marina Skalova
Modération : Pascal Schouwey

En ouverture de soirée : lecture de Manuel d’exil de Velibor Colic par l’acteur Jean-Quentin Châtelain, sous la direction de la metteure en scène Maya Bösch. Cette lecture est donnée en avant-première du spectacle que Maya Bösch créera au Théâtre Saint-Gervais durant la saison 2019-2020.

Jeudi 15 novembre à 19h30
Rencontre avec Nathalie Azoulai et Christian Haller
Modération : Lydia Gabor

Dimanche 18 novembre à 14h30
Visite commentée de l’exposition EXIL (1h30)  (plus d’infos ici )

Mardi 20 novembre à 19h30
ExilS — spectacle musico-littéraire de Mélanie Chappuis et Jérémie Kisling

Mardi 27 novembre à 19h30
Rencontre avec Ivan Jablonka
Modération : Mélanie Croubalian

Partenaires

Dossier de présentation à consulter ici : Variations sur l’exil || ECRIRE POUR CONTRE AVEC

Valérie Poirier |Le dialogue dans tous ses états

Dire ou ne pas dire, là est la question. L’art du dialogue touche à son apogée quand il dit sans dire, ou ne dit pas tout en disant. Autrement dit : quand il exprime les non-dits, le décalage entre la pensée d’un personnage et sa parole, ou encore qu’il révèle les intentions enfouies d’un individu. Mais comment faire pour dire sans trop en dire ? C’est ce que vous découvrirez avec Valérie Poirier. A partir du dialogue de théâtre, vous explorerez les différents états de ce registre passionnant.

Comédienne, auteure et metteure en scène, Valérie Poirier a signé des recueils de nouvelles et écrit pour le théâtre. Son univers de mots plonge au cœur du quotidien pour en extraire des situations qui racontent avec délectation la complexité de l’être humain. Parmi ses pièces, on se souvient notamment de Quelqu’un d’autre (récemment jouée au Théâtre Le Crève-cœur), Palavie, Loin du bal, Un conte cruel, Quand la vie bégaie, toutes montées sur les scènes romandes. Plusieurs de ses pièces sont publiées chez Bernard Campiche Editeur. En 2017, elle a reçu le Prix suisse de théâtre pour l’ensemble de son parcours.

Odile Cornuz | Bref et intense

Odile Cornuz vous entraîne dans une exploration savoureuse des formes brèves. Que vous choisissiez ici d’écrire un récit court, de la prose poétique ou encore un texte adressé à quelqu’un – comme un monologue de théâtre par exemple -, vous verrez que brièveté se conjugue parfaitement avec intensité, et que l’on peut dire beaucoup en peu de mots. La recette ? Faire confiance à la langue et à sa capacité expressive, être attentif à la construction du texte, générer des images qui ouvrent des fenêtres dans la tête du lecteur et lui laissent sa part d’imagination.

 

Odile Cornuz développe une œuvre foisonnante et multiple, en solo ou en collectif. Auteure de récits, de nouvelles, de romans, de pièces radiophoniques et de pièces de théâtre, elle signe aussi des essais littéraires. Son dernier livre, Ma ralentie, vient de paraître aux éditions D’autre part (2018). Au théâtre, elle a été auteure en résidence au Royal Court de Londres, à la Comédie de Genève et, ces trois dernières années, au Théâtre Kléber Méleau (TKM). Ses textes sont régulièrement mis en scène. Odile Cornuz a également achevé une thèse de doctorat en littérature française, à l’Université de Neuchâtel, intitulée D’une pratique médiatique à un geste littéraire : le livre d’entretien au 20e siècle. Un livre en a été extrait et édité par Droz en 2016.

Arthur Brügger | Déclenchez vos souvenirs

Le souvenir est une des ressources prolifiques de l’écriture, qu’elle soit autobiographique ou fictionnelle. Arthur Brügger a élaboré pour vous une série d’exercices ingénieux qui vous permettront de voyager dans la mémoire. Ensemble, vous explorerez divers moyens de déclencher des souvenirs – réels ou imaginaires – et de les organiser, pour les mettre en récit. Photographies, lieux, gestes, sensations présentes et passées seront ici autant de déclencheurs à exploiter.

 

Arthur Brügger appartient aux jeunes auteurs qui font la scène littéraire helvétique actuelle. Diplômé de l’Institut littéraire suisse, il est membre du collectif AJAR, dont le livre Vivre près des tilleuls (éd. Flammarion) a eu un retentissant écho national et international. Il fait aussi partie du collectif d’auteurs Hétérotrophes. Son roman le plus connu, L’œil de l’espadon (Prix Bibliomedia 2016), a été publié par les Editions Zoé en 2015 et traduit en italien et en allemand. Ses textes paraissent régulièrement dans des revues et des anthologies. Parallèlement à l’écriture, Arthur Brügger développe une démarche performative, notamment avec le groupe de musique The Mysterious Traveller.

 

Michel Layaz | Loin du malheur. Vive le bonheur !

On admet communément que seul le malheur porte beau, que désespoir et profondeur font la paire. Et voilà le bonheur relégué à une espèce de naïveté ! Mais bonheur et platitude sont-ils vraiment inséparables ? Michel Layaz saura retourner cette croyance en un tour de main. Emmenés par son savoir-faire, vous partirez à la recherche d’instants de félicité – les vôtres ou ceux des autres. Ces séquences (intimes ou extérieures) serviront de points de départ à l’écriture. Elles seront aussi l’occasion d’éprouver des formes littéraires variées (narration, description, dialogue, récit autobiographique…), afin de trouver celle qui sera la plus pertinente pour votre texte, en fonction de l’évocation souhaitée.

 

Michel Layaz se fait connaître en 2003 avec Les larmes de ma mère (éd. Zoé), un récit au style tendu et précis qui lui vaut le Prix Dentan et le Prix des auditeurs de la RTS. En 2017, il reçoit le Prix suisse de littérature pour son magnifique roman Louis Soutter, probablement (éd.Zoé). Les inadaptés, les failles intérieures, la complexité des rapports familiaux sont des motifs qui traversent son œuvre. Parmi ses autres livres, citons La joyeuse complainte de l’idiot, Deux sœurs, Cher Boniface, tous parus aux éditions Zoé. Plusieurs de ses textes sont traduits en italien, en allemand, en bulgare et prochainement en anglais.

 

 

Au féminin | La MRL au Livre sur les quais

L’installation La Bibliothèque sonore des femmes de Julie Gilbert au Livre sur les quais est accompagnée d’une série de lectures au féminin. Ce sera l’occasion d’entendre et de rencontrer des auteures genevoises qui partageront avec vous en direct leur tout dernier livre et certains inédits.

Au programme :

13h30
Julie Gilbert lit des extraits de ses poèmes téléphoniques Tirer des flèches (éd. Héros-Limite) et de son Monologue pour un dealer de ma rue.
En amont de la lecture, elle présentera son installation La bibliothèque sonore des femmes.
Dimanche 2 septembre, Julie Gilbert sera invitée à la table ronde « Nouvelles voix » (avec Sacha Després et Virgile Elias Gehrig, modération par Pascal Schouwey).

15h
Lecture en duo (et drolatique) de Laurence Boissier (textes inédits) et Fabienne Radi (Holy etc, Peindre des colonnes vertébrales, Cent titres sans Sans titre)

16h30
Lecture croisée de Laure Mi Hyun Croset et Lolvé Tillmanns

Tout le programme de notre partenaire Le livre sur les quais à consulter ici.

Rencontre musicale avec Wilfried N’Sondé

En partenariat avec le Musée d’Ethnographie de Genève (MEG), dans le cadre de son exposition Afrique, les religions de l’extase, nous accueillons l’écrivain Wilfried N’Sondé pour son roman Un océan, deux mers, trois continents (éd. Actes Sud, 2018). Ce livre saisissant, à la langue expressive et raffinée, lui a valu plusieurs prix, dont le renommé Prix Kourouma. Cette rencontre sera rythmée par la lecture musicale du comédien Fidèle Baha, et suivie d’un jus magique… Elle aura lieu au MEG, dans l’exposition même, et sera animée par Max Lobè.

Le livre
Nous sommes au 16e siècle. Un jeune prêtre congolais, converti au catholicisme, est envoyé au Vatican pour représenter son peuple. Il va enfin réaliser son rêve : rencontrer le pape. C’est sans se douter que le bateau qui doit le mener à Rome navigue vers le Nouveau Monde et transporte les siens, réduits à un esclavage cruel.

Un océan, deux mers, trois continents est le fruit de longues années de recherche et d’écriture. Inspiré par un personnage qui a bel et bien existé, Wilfried N’Sondé imagine un roman d’aventures et de formation, un voyage initiatique dans le temps qui résonne aujourd’hui comme un plaidoyer urgent pour la dignité et la fraternité. Il s’en dégage un rappel à l’ordre lancé à notre propre société où l’exploitation des individus fait office de norme.

L’auteur
Musicien et écrivain, Wilfried N’Sondé est né en République du Congo. Il a grandi en Île-de-France et étudié les sciences politiques. Après vingt-cinq passés à Berlin, il s’est installé à Paris, où il vit actuellement. Ses livres sont édités chez Actes-Sud : Le Cœur des enfants léopards (2007, prix des Cinq continents de la francophonie et prix Senghor de la création littéraire), Le Silence des esprits (2010), Fleur de béton (2012), Berlinoise (2015).

 

 

 

 

Votre poste est supprimé | Manon Pulver & Katia Marquis

A l’occasion de la Fête du Théâtre, la MRL prend ses quartiers à la Bibliothèque municipale de la Servette le temps d’une lecture-uppercut et délicieusement grinçante du texte de Manon Pulver, Votre poste est supprimé.

Accompagnée par la comédienne Katia Marquis, l’auteure Manon Pulver – bien connue pour son humour vitriolé – se penche ici sur une espèce en voie de disparition : les caissières, inexorablement remplacées par des machines. Dans ce texte coup de gueule, présenté une première fois à la Fureur de lire 2017, elle confronte deux femmes : une cliente au bord de la crise de nerfs et une caissière sur le point d’être limogée. C’est irrésistiblement drôle et cruel. Quant à sa nouvelle pièce, Mais qui sont ces gens ?, elle sera à l’affiche du Théâtre du Loup en octobre, dans une mise en scène de Julien George.

Tout le programme de la Fête du Théâtre : à consulter ici

Un événement organisé en partenariat avec la Fête du Théâtre et les Bibliothèques municipales.

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