Anne Bregani s’a muse

lundi 12 août 2013 11h30

Dans le cadre de L’auteur s’a muse

Comment rendre compte de la beauté du monde? Quels termes choisir? Quel rythme? Quelle est la portée en français de la brièveté du haïku japonais?

Anne Bregani présentera les questions qui accompagnent son écriture et les sources qui nourrissent son travail de poète. Mais avant d’en venir à ses muses personnelles, elle donnera à entendre des poèmes de ses deux derniers recueils: Le Temps de L’Arc (éd. Samizdat, 2010) et Oiseaux et autres instants (éd. Samizdat, 2012), ainsi que quelques poèmes inédits.

«Ce qui, dans le monde et dans ma vie, fait résonner l’élémentaire, le premier, au tréfonds de soi, et remontant veines, artères et muscles, parvient au centre, reçoit le souffle. Alors, j’entre dans la danse, d’abord flux et rythmes, puis sons, raffinés en paroles le plus précises possible.
Parmi ces éléments: les arbres, le vent, l’eau et ses mouvements, les lumières et leurs contrastes, le ciel. Certains événements, proches ou lointains, dont je cherche ce qu’ils nous disent – un fleuve qui déborde, la neige en mai, des fugitifs sur une route, des combats. Des figures mythologiques, engrammées dans l’enfance, qui révèlent notre double nature et ses puissances. La présence d’autrui, tel visage, telle main, telle phrase. Le corps, ses profonds mystères. La beauté du monde. Certaines visions, apportées par le rêve, l’entre-deux monde, une oeuvre d’art, une photo, une fenêtre.
La rencontre avec d’autres me réjouit, car elle m’oblige, et elle me permet de formuler ce dans quoi je suis sans nécessairement le nommer.
»
Anne Bregani

Oiseaux et autres instants, avec des gravures de Danièle Ansermet (éd. Samizdat, 2012)

«Naissance:
à la sortie des eaux
tous les bruits changent»

«D’un coup d’oeil, d’un instant, d’un trait de plume: voici ces «notations brèves» – où l’inattendu me trouve, léger, profond, grave ou lumineux, tel qu’il est, telle que je suis. Toute personne rencontre ce subit éveil, qui illumine le coeur, langage vivant avant tout mot, toute pensée. À la différence d’autrui, le poète est celui-là qui le note au moment même. Cela ne peut se faire que dans la liberté, toujours plus limpide, plus nécessaire.
Le rythme que donne le haïku d’origine, avec ses trois vers de 5/7/5 syllabes, appartient à la tradition du Japon et, plus que tout, à sa langue.
Ainsi, autant je m’incline et remercie nos Grands Ancêtres, Bashô, Issâ, Buson, Shiki et leurs compagnons, autant, ici, je salue l’esprit, le ciel, le vent.»
Anne Bregani, Note liminaire

Née à Berne en 1951, Anne Bregani vit à Lausanne où elle a passé trois ans à l’Ecole des Beaux-Arts, puis obtenu, en 1979, une licence en sciences politiques. Enseignante en français langue étrangère, elle reçoit dans sa classe d’accueil des jeunes qui viennent de tous les continents. Poète,  elle a publié plusieurs recueils aux édition Samizdat, parmi lesquels: Le Territoire de l’oiseau (1996), Chronique du nord-est (2001) et La Porte du Nord (2007)

Audio

Anne Bregani s’a muse Anne Bregani
Anne Bregani s’a muse Anne Bregani

Entrée libre

Apéritif offert à l’issue de la rencontre
Informations complémentaires: info(at)m-r-l.ch
ou au +41 22 310 10 28

 

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