Asli Erdogan : « Je ne suis qu’un écrivain » RENCONTRE ANNULÉE

samedi 10 mars 2018 18h

Asli Erdogan a dû annuler sa venue à Genève. 

Le verdict de son procès a été reporté une fois de plus. Il devait avoir lieu en début de semaine. On ne peut déceler, dans ce report, qu’une déplorable tactique d’usure. Ce procès dure depuis un an et demi. Asli Erdogan, qui est aujourd’hui réfugiée en Allemagne, voit régulièrement ses amis et collègues journalistes et écrivains turcs écoper de peines de prison abusives, voire de la perpétuité.
Jeudi 8 mars, elle était invitée à la Maison de la Poésie de Paris. Elle y a également annulé sa venue.

La MRL réitère son soutien à cette écrivaine essentielle et à son combat pour la liberté de la littérature et de l’expression.

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Celle qui affirme n’être « qu’un écrivain » est devenue une icône de la liberté d’expression et une figure du courage.

Asli Erdogan est une écrivain turque, née en 1967 à Istanbul. Physicienne de formation – elle a notamment travaillé à Genève au Centre européen de recherche nucléaire -, elle se consacre aujourd’hui à la littérature. En été 2016, elle est emprisonnée par les autorités turques sous l’accusation de « propagande terroriste ». Son délit ? Ecrire, écrire pour raconter l’oppression, les exactions contre les Kurdes, contre les Arméniens; pour parler des droits des femmes et des homosexuels. Ses mots ne taisent rien, ils vont là où se logent la violence, le déni, le tabou. Ils s’intéressent aux victimes, quelque soit leur identité. Ils osent ; ils narrent les histoires individuelles, creusets de la grande Histoire. Parallèlement à son œuvre fictionnelle, elle collabore avec des quotidiens et particulièrement avec un journal pro-kurde.

Devant ses juges, elle fonde sa défense sur une défense de la littérature. Après plusieurs mois de prison, elle obtient la liberté provisoire pour des raisons de santé. Actuellement réfugiée en Allemagne, elle attend son jugement et risque la perpétuité.

Lauréate de plusieurs prix, dont le Prix Simone de Beauvoir qu’elle reçoit en 2018, Asli Erdogan a signé de nombreux romans traduits en diverses langues. Parmi ceux-là : La ville dont la cape est rouge, Les oiseaux de bois, Le bâtiment de pierre. En janvier 2017, les éditions Actes-Sud ont publié Le silence même n’est plus à toi, un recueil de chroniques qui ont valu à l’auteure sa mise en accusation.

Cette rencontre exceptionnelle se tient dans le cadre de l’installation de Julie Gilbert, Bibliothèque sonore des femmes, et en partenariat avec le FIFDH (Festival de Films et Forum international sur les Droits humains). Asli Erdogan sera présente au FIFDH, ce même soir, à 20h30, en ouverture de la soirée « Défendre les défenseurs ».

Une discussion modérée par Miruna Coca-Cozma

Asli Erdogan : « Je ne suis qu’un écrivain » Asli Erdogan ©DR

Modération
Miruna Coca-Cozma

À 17h, en amont de la rencontre
Vernissage de l’exposition
La bibliothèque sonore des femmes
Entrée libre, verre offert.

Réservations obligatoires pour la rencontre
022 310 10 28 / info@m-r-l.ch

Tarifs pour la rencontre
CHF 10.-
CHF 8.- (AVS, étudiants, chômeurs)

Rencontre en anglais avec traduction française simultanée

20h30, au FIFDH
Asli Erdogan ouvre la soirée « Défendre les défenseurs »

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