Jean STAROBINSKI – cent ans

17 novembre 2020 : Jean Starobinski aurait eu cent ans aujourd’hui. Si l’homme s’est éteint en mars 2019, sa pensée reste puissamment éclairante. Critique littéraire hors norme, historien des idées, médecin, spécialiste du Siècle des Lumières, Jean Starobinski – en sublime passeur – aura voué sa vie à nous permettre de mieux comprendre les œuvres et notre temps.

En 2016, nous avons eu la chance d’accueillir la dernière intervention publique du savant. C’était au Palais Eynard, grâce à l’étroite collaboration de l’université de Genève. Les photographies ci-dessous, signées Magali Girardin, en font revivre des instants.

Pour saluer sa mémoire, cette lettre inédite du poète et critique Martin Rueff, actuel titulaire de la chaire de littérature du 18e siècle autrefois occupée par le maître.

Genève, le 28 juin 2016. À l’occasion de la sortie du livre “La beauté du monde” (éd. Gallimard), au Palais Eynard. © MRL 2016 – Magali Girardin

 

 

Lettre à Jean Starobinski de Martin Rueff

 

           Cher Jean, il y a plus d’un an que vous êtes trop loin pour que nous puissions vous adresser la parole, et que votre douceur nous manque ; il y aura aujourd’hui cent ans que vous naissiez.

            Comment vous écrire pour vous dire ce qu’on ne dit qu’aux vivants : bon anniversaire ? Comment vous dire ce qui nous attache à vous et qui reste si intensément présent pour nous ? Comment vous dire aussi ce que vous voudriez savoir et qui fait le prix des correspondants lointains, ce qu’est devenu le monde depuis que vous l’avez quitté ? C’est cela sans doute que vous voudriez savoir de nous.

            Votre parole nous manque, votre regard nous manque et ce n’est pas tant à l’écrivain que vous êtes que je pense : c’est au professeur. Comment aurait-il accueilli ce qui agite aujourd’hui les universités ? A l’heure où, sous le triple coup de la mutation climatique qui détruit notre monde, de la dérégulation économique et de l’explosion des inégalités sociales, il semble que la « nouvelle universalité » ce soit, selon les mots douloureux de Bruno Latour, de « sentir que le sol est en train de céder », votre enseignement, avec sa puissance d’hospitalité et de formulation, nous fait défaut.

            Je fais le pari que vous n’auriez pas craint de voir l’université débattre de toutes les questions d’identité ; que vous n’auriez pas eu peur d’expliquer que les Lumières ne sont pas ce squelette décharné qui sert aujourd’hui d’épouvantail aux ignorances de tous bords ; que vous auriez tenu à rappeler que l’émancipation est leur programme, et l’universalité des droits l’énoncé d’un problème et non l’affirmation butée d’une solution toute faite. Vous auriez dit que les Lumières qui créèrent les sciences humaines ne se détournaient pas des religions, mais qu’elles s’en obsédaient à chaque fois qu’elles redoutaient, parce qu’elles les constataient, les empiètements du théologique et du politique.

            Vous auriez convoqué les poètes. Vous auriez évoqué vos auteurs chéris, le ramage de Diderot, la fête de Rousseau, la joie bouleversante de Mozart, la délicatesse déchirante de Chardin. Vous auriez affirmé les pouvoirs de l’intelligence quand elle s’assortit de l’inquiétude de la sensibilité. Vous auriez dit, comme dans votre Montesquieu de 1953 que la modération, loin d’être un « rétrécissement », « implique une perpétuelle vigilance ». A l’heure des tonitruements, votre modération est un bien précieux qu’il faut chérir.

            De notre part, en guise de cadeau d’anniversaire, autour de la table fleurie, nous voudrions vous offrir deux de vos livres, fraîchement édités : Le Corps et ses raisons et Histoire de la médecine, le premier que vous aviez construit pour le confier au Seuil, le second qui remonte à 1963 et que Nicolas Bouvier vous avait demandé d’illustrer. Des mains fidèles tendent ces livres vers vous comme un retour facétieux à l’envoyeur.

            Vous qui étiez si grave, vous aimiez distinguer dans la vie la facétie comme une des plus jolies figures de la grâce. J’aimerais qu’Hésiode l’ait distinguée parmi les muses enchanteresses, car c’est de la facétie que je voudrais me réclamer ce matin pour fêter votre centenaire.


Martin Rueff
Genève, le 17 novembre 2020

 

Genève, le 28 juin 2016. Dédicace à l’occasion de la sortie du livre “La beauté du monde” (éd. Gallimard), au Palais Eynard. © MRL 2016 – Magali Girardin

Genève, le 28 juin 2016. Martin Rueff, Jean Starobinski et Michel Jeanneret à l’occasion de la sortie du livre “La beauté du monde” (éd. Gallimard), au Palais Eynard. © MRL 2016 – Magali Girardin



Deux livres de Jean Starobinski sortis en librairie en novembre

 

Le Corps et ses raisons (éd. Seuil), où quand le corps devient un espace de quête du se

ns. Jean Starobinski avait conçu l’ouvrage de son vivant et demandé à Martin Rueff d’en écrire la préface. Il nous arrive là, comme un joyeux clin d’œil de l’au-delà.

Histoire de la médecine (éd. Héros-Limite), une réédition établie et annotée par l’historien de la médecine Vincent Barras. Le livre a été publié une première fois en 1963, aux Editions Rencontres. L’iconographie était alors signée par Nicolas Bouvier. On la retrouve ici, toujours aussi captivante.

Poésie et écologie avec Michel Deguy

Mardi 15 mars à 20h, la MRL célèbre le Printemps de la poésie en accueillant Michel Deguy, poète, philosophe, critique et rédacteur en chef de la revue Po&sie.

« Il faut changer
Éole en éolienne
Hélios en panneaux

Et le cœur qui sombre
En cœur de sauveteur nippon ».

Depuis une dizaine d’années Michel Deguy a donné à sa poésie et à sa poétique un nouveau tour d’inquiétude: l’écologie. Il s’agit, en poèmes et en théorèmes, de repenser les rapports de la poésie et de l’écologie, et, de manière plus large encore, les conditions d’une écologie qui prenne en compte les destins de l’homme, l’animal parlant.

Parmi ses dernières publications, on peut notamment citer:

  • La fin dans le monde, Hermann, 2009
  • Ecologiques, Hermann, 2012
  • Prose du suaire, un poème en vingt langues, pour Abdelawahab Meddeb, Al Manar, 2015

 

La discussion sera animée par Sylviane Dupuis et Martin Rueff de l’Université de Genève.

Soirée organisée dans le cadre du Printemps de la poésie, en partenariat avec l’Université de Genève.

 

Rencontre avec Antoinette Rychner et Ruth Schweikert

Le 16 mars à 20h, la MRL aura le plaisir de recevoir Antoinette Rychner et Ruth Schweikert, lauréates des Prix suisses de littérature 2016. Offert chaque année par l’Office fédéral de la culture, ce prix est destiné à des auteur-e-s suisses ou résidant en Suisse pour une œuvre qui a marqué l’année précédente.

Le jury, formé de spécialistes de sensibilité et de langue maternelle différentes, récompense chaque année depuis 2012 des auteur-e-s venu-e-s des diverses régions linguistiques. Des textes de David BoscArno CamenischHanna JohansenFrédérique PajakRose-Marie Pagnard et Catherine Safonoff ont ainsi été primés.

Les Prix suisses de littérature 2016 seront décernés en février 2016.

Antoinette Rychner naît en 1979. Elle se forme aux techniques du spectacle à Vevey puis travaille dans divers théâtres en Suisse romande, avant de conjuguer ses passions en écrivant pour le théâtre. Elle conçoit l’écriture au cœur des arts vivants, notamment lors de sa résidence au Théâtre du Grütli, ou en collaboration avec le chorégraphe Philippe Saire.
Son écriture s’ancre au théâtre mais elle publie aussi des récits. Parmi ses pièces montées et publiées on trouve:
 L’Enfant, mode d’emploiDe mémoire d’estomac et Intimité Data Storage Ses récits publiés s’intitulent: Petite collection d’instants-fossiles et Lettres au chat.

Ruth Schweikert naît en 1964 à Lörrach, puis passe son enfance en Suisse.
Elle vit aujourd’hui à Zurich avec sa famille et écrit des romans ainsi que des pièces de théâtre.

Elle publie en 1994 le recueil de récits très remarqué
 Erdnüsse. Totschlagen. Son premier roman Augen zu est paru en 1998 suivi d’Ohio en 2005.

 

Éveil des oiseaux: vernissage de l’exposition

«L’écorce d’un arbre est composée d’une partie externe morte et d’une partie interne vivante appelée liber. Le même mot désigne en latin (les feuillets d’) un livre.»
Célia Houdart, Éveil des oiseaux, éd. art&fiction, 2015.

En 2013 et 2014, Célia Houdart séjourne régulièrement dans le parc Jean-Jacques Rousseau, à l’occasion d’une résidence d’écriture à Ermenonville. Elle y rédige un journal et invite plusieurs artistes à la rejoindre. C’est de ces multiples créations qu’est constitué le livre Éveil des oiseaux, auquel ont contribué Graziella Antonini, André BaldingerOlivier BouillèreClélia Nau et Camille Saint-Jaques (éd. art&fiction, 2015).

Du 10 février au 3 avril 2016, la MRL expose des textes de Célia Houdart ainsi que les photographies poétiques de Graziella Antonini. Ses images de paysages ou d’une plante sur fond clair rappellent le goût de Rousseau pour les promenades dans la nature, mais également pour la botanique.

Le vernissage de cette exposition, en présence de la photographe, sera l’occasion d’entendre Célia Houdart lire des extraits de son texte.

Après des études de lettres et de philosophie et dix années dédiées à la mise en scène de théâtre, Célia Houdart se consacre à l’écriture. Elle est l’auteure d’un essai, Avis de tempêtes (éd. Intervalles, 2007) et de quatre romans parus chez P.O.L., Gil (2015), Carrare (2011) Prix Françoise Sagan 2012, Le Patron (2009), Les merveilles du monde (2007). 

Diplômée de l’École de photographie de Vevey (CEPV) en 1989, Graziella Antonini pratique la photographie dans différents domaines, de l’architecture au documentaire, tout en développant parallèlement une recherche artistique personnelle. Elle s’est fait connaître sur le plan international par le biais d’une série d’images poétiques, jouant avec l’interprétation du spectateur: Voyage imaginaire au Japon (1998-2003).

 

Éveil des oiseaux

«L’écorce d’un arbre est composée d’une partie externe morte et d’une partie interne vivante appelée liber. Le même mot désigne en latin (les feuillets d’) un livre.»
Célia Houdart, Éveil des oiseaux, art&fiction, 2015.

En 2013 et 2014, Célia Houdart séjourne régulièrement dans le parc Jean-Jacques Rousseau, à l’occasion d’une résidence d’écriture à Ermenonville. Elle y rédige un journal et invite plusieurs artistes à la rejoindre. C’est de ces multiples créations qu’est constitué le livre Éveil des oiseaux, auquel ont contribué Graziella AntoniniAndré BaldingerOlivier BouillèreClélia Nau et Camille Saint-Jaques (éd. art&fiction, 2015).

Du 10 février au 3 avril 2016, la MRL expose des textes de Célia Houdart ainsi que les photographies poétiques de Graziella Antonini. Ses images de paysages ou d’une plante sur fond clair rappellent le goût de Rousseau pour les promenades dans la nature, mais également pour la botanique.

Après des études de lettres et de philosophie et dix années dédiées à la mise en scène de théâtre, Célia Houdart se consacre à l’écriture. Elle est l’auteure d’un essai, Avis de tempêtes (éd. Intervalles, 2007) et de quatre romans parus chez P.O.L., Gil (2015)Carrare (2011) Prix Françoise Sagan 2012, Le Patron (2009), Les merveilles du monde (2007).

Diplômée de l’École de photographie de Vevey (CEPV) en 1989, Graziella Antonini pratique la photographie dans différents domaines, de l’architecture au documentaire, tout en développant parallèlement une recherche artistique personnelle. Elle s’est fait connaître sur le plan international par le biais d’une série d’images poétiques, jouant avec l’interprétation du spectateur: Voyage imaginaire au Japon (1998-2003).

Rencontre avec Édouard Louis

«(…) je traîne la sensation pénible et désagréable qu’aussitôt énoncée, par moi ou n’importe qui d’autre, mon histoire est falsifiée, je suis sorti de chez moi et j’ai descendu l’escalier.»
Édouard Louis, Histoire de la violence

Jeune auteur qui puise volontiers la matière de ses réflexions dans les travaux de sociologues, Édouard Louis s’est fait connaître par son premier roman, En finir avec Eddy Bellegueule (éd. Seuil, 2014). Il y mêle autofiction et analyse de violences sociales, liées à l’homophobie en particulier. Il poursuit son projet littéraire avec Histoire de la violence (éd. Seuil, 7 janvier 2016). Ce récit s’ouvre sur le viol du narrateur par un homme nommé Réda, rencontré dans la rue quelques heures auparavant. Sur le site de son éditeur, l’auteur explique: «en revenant sur mon enfance, mais aussi sur la vie de Reda et celle de son père, en réfléchissant à l’émigration, au racisme, à la misère, au désir ou aux effets du traumatisme, je voudrais à mon tour comprendre ce qui s’est passé cette nuit-là. Et par là, esquisser une histoire de la violence».

La rencontre du mercredi 20 janvier, animée par Julien Burri, sera l’occasion d’entendre l’auteur sur cette histoire, sa construction sociale mais aussi son écriture romanesque.

J’ai rencontré Reda un soir de Noël. Je rentrais chez moi après un repas avec des amis, vers quatre heures du matin. Il m’a abordé dans la rue et j’ai fini par lui proposer de monter dans mon studio. Ensuite, il m’a raconté l’histoire de son enfance et celle de l’arrivée en France de son père, qui avait fui l’Algérie. Nous avons passé le reste de la nuit ensemble, on discutait, on riait. Vers six heures du matin, il a sorti un revolver et il a dit qu’il allait me tuer. Il m’a insulté, étranglé, violé. Le lendemain, les démarches médicales et judiciaires ont commencé.
Plus tard, je me suis confié à ma sœur. Je l’ai entendue raconter à sa manière ces événements.
Edouard Louis, Histoire de la violence

Du 19 janvier au 5 avril: atelier d’écriture conduit par Philippe Djian

« Il nous a fallu du temps. Je ne sais combien de générations pour l’admettre. Malgré les évidences, les preuves accumulées. Nous en rions aujourd’hui, mais le chemin a été long, les résistances terribles. Je me souviens de la risée que cela provoquait parfois. Pour certains, pour beaucoup, ces ateliers d’écriture ne servaient à rien car écrire ne pouvait s’apprendre. En grande partie, ils avaient tort. »
Philippe Djian

De janvier à avril 2016, la MRL accueille l’atelier d’écriture de la nrf conduit par Philippe DjianMarcher sur la queue du tigre (réveiller ce qui est endormi). Proposé pour la deuxième année consécutive au 40 Grand-Rue, cet atelier se déroule en six séances de quatre heures, entre lesquelles les participants sont invités à poursuivre leur travail d’écriture.

Philippe Djian a exercé différents métiers: pigiste, il a vendu ses photos de Colombie à L’Humanité Dimanche, ses interviews de Montherlant et de madame Louis-Ferdinand Céline au Magazine Littéraire, il a collaboré à Détective; il a aussi été péagiste, magasinier, vendeur, etc. Il écrit des chansons pour Stephan Eicher et se produit avec lui sur scène. Il a vécu aux États-Unis, en Italie, en Suisse. Il vit désormais en France. Son premier livre 50 contre 1 a été publié chez BFB (Bernard Fixot Barrault) en 1981Bleu comme l’enfer a été adapté à l’écran par Yves Boisset, 37° 2 le matin par Jean-Jacques Beineix et Impardonnables par André Téchiné en 2011. Il a reçu le prix Interalié pour Oh en 2012. Son 27e roman, Chéri Chériest sorti en octobre 2014 aux Éditions Gallimard.

 

Rencontre avec Jean François Billeter

«Le plus souvent, la traduction ne vient pas après l’intelligence du texte, mais [elle] est le moyen d’ »entreprendre » le texte, si je puis dire, de progresser méthodiquement dans sa compréhension».
Jean François Billeter, Trois essais sur la traduction (éd. Allia, 2014).

Sinologue passionné, professeur honoraire soucieux de transmettre ses réflexions avec simplicité, Jean François Billeter mettra en lumière les chemins qu’il emprunte pour faire passer un poème du chinois classique au français, s’appuyant sur son savoir comme sur sa propre expérience du monde. À travers la traduction, c’est d’interprétation qu’il sera question. Les difficultés particulières que pose la littérature chinoise seront ainsi l’occasion d’interroger les richesses de toute littérature.

Après avoir été professeur d’études chinoises à Genève, Jean François Billeter a quitté l’université pour se consacrer à ses propres travaux. Dans ses études sur certains textes remarquables de Tchouang-tseu, philosophe du 3e siècle avant notre ère, et sur l’art chinois de l’écriture, autrement dit la calligraphie, il allie la plus grande rigueur sinologique au souci constant de se faire comprendre des lecteurs non sinologues, à la fois par la clarté de l’expression et par la richesse des références à des éléments de l’héritage occidental, ou simplement à l’expérience commune. Il publie neuf livres aux éditions Allia, parmi lesquels La Chine trois fois muetteLeçons sur Tchouang-tseu et Un paradigmeEn 2015, il reçoit le Prix Culture et Société pour les Sciences humaines de la Ville de Genève.

 

Remise du Prix de l’essai de la Société Genevoise des Écrivains

Jeudi 3 décembre, la MRL accueillera la remise du Prix littéraire 2015 de la Société Genevoise des Écrivains, offert par la Ville de Genève. Cette année, c’est Mathilde Weibel, jeune essayiste, qui sera récompensée.

Chaque année depuis 1957, la Société Genevoise des Écrivains attribue un Prix littéraire, offert par la Ville de Genève, pour un texte inédit et soumis anonymement. Quatre genres sont alternativement primés: l’essai, le roman ou la nouvelle, la poésie et le théâtre. Guillaume RihsManon PulverDaniel VouillamozSylvia Härri ou encore Joël Dicker font partie des auteurs récemment récompensés.

 

Photographie: Audrey Leclerc

Lecture publique des lauréats du Prix Atelier de la Fondation Studer/Ganz

La MRL a le plaisir d’accueillir la lecture publique de Joanne Chassot, Miguel DemouraMonika FaupelMarylin Grandjean FelchlinBenjamin Pécoud et Héloïse Pocry. Ils sont les lauréats du Prix Atelier 2015 de la Fondation Studer/Ganz, qui a pour but de soutenir les jeunes auteurs suisses. Tous les deux ans, la Fondation met au concours un atelier d’écriture de six jours, ouverts aux autrices et auteurs de moins de 45 ans, qui vivent en Suisse ou qui sont de nationalité suisse. Les lauréats sont encadrés par deux écrivains expérimentés, Eugène et Antoine Jaccoud.
Suite à plusieurs expériences avec le Prix Atelier, Eugène remarquait en 2013 qu’«au-delà de l’exercice de l’écriture sous contrainte, un atelier d’écriture peut aussi servir de réelle impulsion». Des textes rédigés lors d’ateliers précédents ont en effet germé de véritables œuvres littéraires, ayant trouvé une maison d’édition et des lecteurs.
Les lectures de ces jeunes auteurs sauront, à n’en pas douter, ravir les curieux!

 Cette soirée est organisée en partenariat avec la Fondation Studer/Ganz. Collaborant étroitement avec l’AdS (Association des Autrices et Auteurs de Suisse), la Fondation Studer/Ganz a pour but de soutenir de jeunes autrices et de jeunes auteurs dans les différentes régions linguistiques de Suisse, par le biais de concours, de manifestations et de remises de prix.

Vendredi 30 octobre, Daniel de Roulet, Hédi Kaddour et Antonio Rodriguez

Dans le cadre de la troisième édition d’Écrire POUR CONTRE AVEC, poursuivant la réflexion du rôle que joue la littérature dans la Cité, la MRL accueille sept grands auteurs qui interrogent notre rapport au monde à partir des frontières.
 19h-20h Hédi Kaddour et Antonio Rodriguez: Éthique, politique, poétique: combien de rimes?

Pour le site poésieromande.ch qu’il dirige, Antonio Rodriguez, poète et professeur en littérature française à l’Université de Lausanne, a récemment interrogé des poètes romands et français sur les rapports qu’ils établissent, ou non, entre leur travail poétique et le politique. Il rendra compte de ces réponses et poursuivra la réflexion avec Hédi Kaddour, rédacteur en chef adjoint de la revue Po&sie.

Dans son troisième recueil Big bang Europa (éd. Tarabuste, 2015), Antonio Rodriguez interroge poétiquement ce qu’il reste de l’appartenance, de l’amour, de la communauté au moment où l’Europe semble s’effondrer, à «l’âge de l’horizontal sans horizon». Il y cherche ce qui hante le contemporain et convoque une « politique intime » de la poésie par-delà l’engagement.

Hédi Kaddour publie plusieurs recueils poétiques, parmi lesquels La chaise vide (éd. Obsidiane, 1992), Jamais une ombre simple (éd. Gallimard, 1994), Passage au Luxembourg (éd. Gallimard, 2000), ainsi que des essais sur la poésie, entre autres L’émotion impossible (éd. Le Temps qu’il fait, 1995).

Anne BreganiFrançoise DelormeSylviane Dupuis, Éric DuvoisinGaia GrandinFerenc RákóczyAntonio Rodriguez, Isabelle SbrissaPierre Voélin et Alexandre Voisard ont répondu à l’enquête de poésieromande.ch. Leurs réponses seront à lire aux murs de la MRL.

20h30-22h Daniel De Roulet et Hédi Kaddour: Les soubresauts du 20e siècle revisités par le roman

Impossible de démêler les enjeux du présent sans interroger le passé. La représentation du XXème siècle et des luttes qui l’ont traversés seront discutés par deux romanciers: Hédi Kaddour, auteur d’un nouveau roman déjà très remarqué, Les Prépondérants, et  Daniel De Roulet, dont l’œuvre a récemment été saluée par un prix Culture et Société de la Ville de Genève.

Les personnages du roman d’Hédi Kaddour sélectionné pour plusieurs prix (Fémina, Goncourt, Médicis), Les Prépondérants (éd. Gallimard, 2015) sont tous animés par un désir d’égalité. Ce roman sur des années 1920 cosmopolites aborde les grandes luttes qui occuperont le 20e siècle: indépendance des pays colonisés, autonomie des femmes, tolérance face à la montée de l’extrême droite, amélioration des conditions de travail des salariés.

Dans sa saga composée de dix romans, La Simulation humaineDaniel De Roulet explore l’histoire du nucléaire à travers celle de deux familles, l’une japonaise et l’autre européenne. Défenseur de la mondialité – «face heureuse de la mondialisation» – l’écrivain genevois se confronte à l’un des grands paradoxes de nos sociétés contemporaines: un désir de maîtrise du monde au moyen de la technologie et l’horreur des catastrophes qu’elle produit.

Cette deuxième rencontre sera animée par Geneviève Bridel.

Ce festival bénéficie du soutien de la Ville de Genève, de l’État de Genève, de la Fondation Göhner et de la Fondation Coromandel. En partenariat avec Le Courrier.

 

Écrire POUR CONTRE AVEC | Les frontières

Sur les lignes de frontières se lit l’histoire du monde. Minces et vertes ici, perméables là, faites de barbelés, de murs vertigineux et de profondeurs océanes ailleurs, les frontières rendent tangibles les rapports de force des collectivités, dessinant les parcours singuliers. Poursuivant la réflexion du rôle que joue la littérature dans la Cité, la MRL accueille sept grands auteurs qui interrogent notre rapport au monde à partir des frontières: Metin ArditiDaniel de RouletHédi KaddourDenis LachaudLéonora MianoAntonio Rodriguez, et Nicolas Verdan.

Cette troisième édition d’Écrire POUR CONTRE AVEC s’intéressera à la Grèce d’aujourd’hui, aux rêves et désillusions qui ont traversé le 20ème siècle comme à l’héritage, toujours prégnant, de la traite négrière et de la colonisation. On se demandera comment la littérature est capable de vivifier les contours de nos imaginaires et si le texte est toujours le lieu de l’engagement citoyen des écrivains. Entretiens littéraires et débats sont au programme de ces trois soirées.

Mercredi 28.10, 20h-21h30: Entre mémoire et actualité
Léonora Miano, romancière et dramaturge, et Metin Arditi, romancier, mécène et Envoyé spécial de l’Unesco pour le dialogue culturel. Ils confronteront leurs points de vue sur le rôle de la littérature dans la société.

Jeudi 29.10, 20h-21h30: Écrire pour témoigner du réel ou le révolutionner?
La migration, celle qui fait la une des journaux, sera au cœur de rencontre entre Denis Lachaud et Nicolas Verdan, de même que les nouvelles formes d’engagement citoyen. Cette soirée sera l’occasion d’interroger les ressorts propres à la fiction pour analyser la société contemporaine.

Vendredi 30.10, 19h-20h: Éthique, politique et poétique: combien de rimes?
Pour le site poésieromande.ch qu’il dirige, Antonio Rodriguez, poète et professeur en littérature française à l’Université de Lausanne, a récemment interrogé des poètes romands et français sur les rapports qu’ils établissent, ou non, entre leur travail poétique et le politique. Il rendra compte de ces réponses et poursuivra la réflexion avec Hédi Kaddour, rédacteur en chef adjoint de la revue Po&sie.

20H30-22h00: Les soubresauts du 20e siècle revisités par le roman
Impossible de démêler les enjeux du présent sans interroger le passé. La représentation du 20e siècle et des luttes qui l’ont traversés seront discutés par Hédi Kaddour, auteur très remarqué des Prépondérants, et Daniel de Roulet, dont l’œuvre a récemment été saluée par un prix Culture et Société de la Ville de Genève.

Mercredi 28 octobre, Metin Arditi et Léonora Miano

Dans le cadre de la troisième édition d’Écrire POUR CONTRE AVEC, poursuivant la réflexion du rôle que joue la littérature dans la Cité, la MRL accueille sept grands auteurs qui interrogent notre rapport au monde à partir des frontières.

Le festival s’ouvrira par une rencontre entre Léonora Miano et Metin Arditi. Ils confronteront leurs points de vue sur le rôle de la littérature dans la société, et sur le rapports qu’ils établissent, ou non, entre leurs activités citoyennes et leur écriture.

Auteure de romans, parmi lesquels La saison de l’ombre (Prix Fémina 2013) et de textes dramatiques à forte charge poétique, Léonora Miano ne cesse ne remettre en cause notre mémoire collective, proposant une écriture littéraire d’histoires de l’esclavage. Dans Red in blue trilogie (éd. L’arche, 2015), un tryptique qui passe du symbolique à la quête de racines toute contemporaine que permettent les analyses d’ADN, l’auteure donne une voix à des résistants de la première heure comme à une descendante d’esclaves.

Romancier à succès, Metin Arditi s’implique dans différents projets en tant que mécène. En 2014, il est nommé Envoyé spécial de l’Unesco pour le dialogue interculturel. Il reviendra sur ces activités et le lien qu’elles peuvent avoir avec ses différents livres, en particulier La confrérie des moines volants (éd. Grasset, 2013) dont les protagonistes se battent pour sauver des trésors de l’art sacré orthodoxe alors que le régime soviétique pille et détruit l’Église russe.

 

Jeudi 29 octobre, Denis Lachaud et Nicolas Verdan

Dans le cadre de la troisième édition d’Écrire POUR CONTRE AVEC, poursuivant la réflexion du rôle que joue la littérature dans la Cité, la MRL accueille sept grands auteurs qui interrogent notre rapport au monde à partir des frontières.

La migration, celle qui fait la une des journaux depuis des semaines, sera au cœur de rencontre entre Denis Lachaud et Nicolas Verdan, de même que les nouvelles formes d’engagement citoyen. Elle sera l’occasion d’interroger les ressorts propres à la fiction pour analyser la société contemporaine.

Pour écrire Le Mur grec (éd. Campiche, 2015), un roman noir qui se joue le long de la frontière terrestre entre la Turquie la Grèce, Nicolas Verdan a fait des recherches pendant deux ans à Athènes et en Thrace. Après Le patient du docteur Hirschfeld (Prix du public de la RTS, Prix Schiller 2012, Prix du Roman des Romands 2012), il revient à la question de la migration à laquelle il avait déjà consacré sons premier livre Le rendez-vous de Thessalonique (éd. Campiche, 2005). Autre thème central du Mur grec, tout aussi actuel: la crise économique et l’impact de la politique européenne sur le quotidien des Grecs.

S’il pose un regard tout aussi interrogateur et critique sur le présent, l’écrivain et homme de théâtre Denis Lachaud s’aventure dans le roman d’anticipation avec Ah ! Ça ira… (éd. Actes Sud, 2015): dans le Paris de 2037, pour se battre contre des inégalités innommables les personnages doivent inventer de nouvelles façons de se construire un avenir meilleur, les formes héritées du 20ème siècle se révélant inopérantes. Dans son septième roman, Ah ! Ça ira…, l’auteur de J’apprends l’hébreu (éd. Actes Sud, 2011) développe une critique acerbe et néanmoins porteuse d’espoir.

 

Du 10 octobre au 3 novembre: atelier d’écriture conduit par Blaise Hofmann

Aiguiser son regard sur le réel, se rendre disponible à la ville, à l’esprit des lieux, pour ensuite trouver ses propres mots, pour rédiger un texte à l’écoute de ce proche qui réserve bien des surprises à qui prend le temps de l’observer. L’écrivain Blaise Hofmann, dont la sensibilité aux espaces se donne à lire dans plusieurs récits, accompagnera les participants de cet atelier qui se déroulera sur une journée et trois demi-journées.

Cet atelier d’écriture est basé sur des propositions ludiques, souvent en plein air, en variant les méthodes et les genres: écriture-collage, écriture-photo, écriture-pastiche, micro-fictions, descriptions, dialogues, poèmes. Rédaction, lectures à haute voix et discussions se nourriront réciproquement. D’une séance à l’autre, certains textes pourront être réécrits, suite aux commentaires de l’animateur et du groupe, pour tendre vers une forme définitive.

«D’ici, tout est à nouveau vierge, intact, beaucoup trop grand pour moi. Quand le soleil se couche, je ne sais que faire de tout ce brun, tout ce vert, tout ce bleu, tout ce rose, du vent qui sculpte les roches volcaniques, de l’odeur iodée du large, de l’astre qui se noie sur l’horizon et de quelques chevaux sauvages.»
Blaise Hofmann, Marquises
Depuis 2009, Blaise Hofmann anime des ateliers d’écriture à l’Institut littéraire Suisse, dans les écoles, les collèges, pour des festivals littéraires et des associations culturelles. Il est l’auteur de Billet aller simple (éd. L’Aire, 2006),  Estive (éd. Zoé, 2007, Prix Nicolas Bouvier), L’Assoiffée (éd. Zoé, 2009),  Marquises (éd. Zoé, 2014), ainsi que de plusieurs pièces de théâtre et spectacles musicaux.

Conditions:
L’atelier est ouvert à toute personne (dès 16 ans) souhaitant écrire. Il est limité à 12 participants (minimum 8 participants). Les inscriptions seront enregistrées selon leur ordre d’arrivée; elles seront confirmées suite au paiement des frais de participation.

« Tu grimpes drôlement bien aux arbres! » Exposition de Cristina Pieropan

Avec Tu grimpes drôlement bien aux arbres! (éd. Notari, 2015) l’illustratrice italienne Cristina Pieropan propose de somptueuses illustrations, entièrement réalisées en gravure à l’eau-forte coloriées à l’aquarelle, pour accompagner ce premier texte de jeunesse de la genevoise Silvia Härri. L’album aborde de façon ludique la question du changement, de l’inconnu, et des «premières fois» dans la vie d’un enfant:

«Un soir, son père est rentré tout content. Il a annoncé qu’il avait trouvé du travail en ville, un bon travail. Benjamin n’a pas tout de suite compris. Deux semaines plus tard, ses parents lui montrent un carton...»
Silvia Härri

Les planches originales sont exposées au rez-de-chaussée de la MRL jusqu’au 30 octobre.
Entrée libre

Rencontre avec Marina Salzmann

Cet été, la MRL propose d’aborder la littérature romande par la subjectivité de trois écrivains, François DebluëMarina Salzmann et Étienne Barilier. Invités à présenter l’œuvre d’auteurs romands qui les inspire, ils s’entretiendront ensuite avec un modérateur sur leurs propres textes. Ce cycle a été imaginé comme un écho à la parution de la nouvelle édition, largement augmentée, de l’Histoire de la littérature en Suisse romande (éd. Zoé, 2015).

«J’ai souvent essayé de me souvenir de ma grand-mère, de ce que ma grand-mère disait et rien ne venait. Je pouvais trouver quelques-uns de ses mots mais ce n’était pas la voix de ma grand-mère, c’était une interprétation et elle aurait dit tout autrement, je n’entendais pas son intonation. Il me fallait évoquer longtemps la voix allemande de ma grand-mère pour en retrouver les sonorités, cette voix qui parlait français avec un accent.»
Marina Salzmann, Blumen, nouvelle tirée de Safran

La force d’évocation et la densité du langage caractérise le genre de la nouvelle. Safran, le deuxième recueil de Marina Salzmann regroupe douze nouvelles, qui évoquent les voyages, les travaux urbains, l’enfance et la vie quotidienne. Ces textes, selon les mots de l’éditeur Bernard Campiche, «nous promènent dans un monde étrange, mélange de contes de fées et d’observations, de folie et de rigueur. Les événements se disloquent et tournent à l’absurde. Une pièce de théâtre, toujours recommencée sans raison apparente, conduit les acteurs à la vieillesse et à la mort, des personnages apparaissent et s’en vont sans qu’on en sache bien la raison. Rien n’aboutit jamais et pourtant il y a aussi dans ce livre des descriptions parfaites de «l’helvétisme ambiant» car comme dit l’auteure «L’histoire ne se raconte pas, mais elle se dépose au fond.».

L’auteure donnera à entendre le style si particulier d’un autre auteur de nouvelles genevois, Jean-Claude Fontanet, qui ancre ses récits dans la réalité genevoise et rend compte du vacillement intérieur de ses personnages. L’inscription des auteurs dans une géographie singulière fera partie des thématiques que Marina Salzmann abordera avec Salomé Kiner.

Au seuil de la rencontre, Caroline Coutau, directrice des éditions Zoé, présentera la nouvelle édition de l’Histoire de la littérature en Suisse romande. Elle parlera notamment de questions soulevées par la rédaction des dernières parties, consacrées à la littérature contemporaine, de 1968 à 2014.

La rencontre se terminera avec une pièce sonore performée par Heike FiedlerAlexa Montani et Marina Salzmann. Leur trio de poésie sonore Pas lundi sera remonté pour l’occasion.

Marina Salzmann est née à Vevey. Elle a grandi dans le canton de Vaud, à Nyon, puis au Tessin. Après avoir voyagé sur terre et en mer et travaillé dans divers métiers, elle s’est installé à Genève, où elle a fait des études de lettres. Elle pratique l’écriture (fiction, autofiction, poésie contemporaine) et collabore avec des musicien-ne-s, artistes, poètes sonores. En 2008, elle cofonde la revue coaltar. Son recueil de nouvelles Entre deux est le premier livre qu’elle publie. En 2013, il lui vaut le prix Terra Nova et la Bourse Anton-Jaeger 2013.

Jean-Claude Fontanet naît à Genève en 1925. Il y fait des études de lettres à l’université, avant d’intégrer l’Ecole des Beaux-Arts. À vingt-deux ans, sortant de l’école d’officiers, sa vie est marquée par la maladie, tuberculose d’abord, graves troubles psychiques et état dépressif plus tard, contre lesquels il luttera par la création romanesque. Auteur d’une dizaine de livres, il reçoit le Prix Schiller en 1976 pour son roman L’Effritement et en 1988 le prix de la Fondation Pittard de l’Andelyn. Il est mort le 15 juillet 2009.

Lecture et rencontre avec Marina Salzmann animées par Salomé Kiner – La soirée débutera par une présentation de Caroline Coutau et se terminera avec une pièce sonore performée par Heike FiedlerAlexa Montani et Marina Salzmann.

 

Projections: entretien avec Noëlle Revaz, par Sylviane Dupuis

En marge du cycle estival Auteurs-lecteurs, trois histoires d’affinités romandes, la MRL projette trois entretiens avec des écrivain-e-s romand-e-s: Ella MaillartGeorges Simenon et Noëlle Revaz.

Née en 1968 en Valais, Noëlle Revaz est romancière et auteure de pièces radiophoniques. Elle enseigne à l’Institut littéraire suisse depuis 2007 et fait partie du collectif Partout, Bern ist Überall. Après des études de lettres à l’université de Lausanne, elle enseigne le latin pendant quelques années et publie dès 1999 des nouvelles dans des revues littéraires. En 2002 paraît son premier roman, Rapport aux Bêtes (éd. Gallimard), qui obtient plusieurs prix, dont le Prix Schiller et le Prix Marguerite Audoux. Elle en écrit l’adaptation théâtrale, et l’œuvre est montée en 2004 au théâtre Le Poche de Genève. Il sera adapté au cinéma par Séverine Cornemusaz. Suivent un second roman, Efina (éd. Gallimard, 2009) et une pièce de théâtre, Quand Mamie (éd. Zoé, 2011). Paru en 2014, L’infini livre (éd. Zoé) nous parle d’un monde où l’on continue de publier des livres que l’on n’écrit plus, qui ne sont que boîtes et surfaces. Pour ce troisième roman, Noëlle Revaz reçoit le Prix suisse de la littérature 2015.

Sylviane Dupuis est poète, auteure de théâtre, essayiste et critique. Elle enseigne également la littérature à l’Université de Genève.

Cet entretien a été filmé le 28 novembre 2014 à la MRL, en collaboration avec la MEL – Maison des écrivains et de la littérature de Paris, à l’occasion des Enjeux VIII – L’envers du décor, qui se sont tenus du 28 janvier au 1er février 2015.

Remise du prix Terra nova 2015 à Mathilde Vischer pour «Lisières»

La MRL a le plaisir d’accueillir la remise du Prix Terra nova 2015 de la Fondation Schiller Suisse qui récompense un-e auteur-e en début de carrière. Il est attribué cette année à Mathilde Vischer pour Lisières (éd. p.i.sage intérieur, 2014). Ce premier recueil de proses poétiques de la Genevoise, également traductrice littéraire, a séduit le jury «par sa grande puissance évocatrice et son remarquable travail sur la forme: une écriture épurée, à la fois très précise, sensible et sensuelle, qui cherche la justesse dans des images singulières».
La remise du prix sera suivie d’une rencontre avec Mathilde Vischer, qui lira des extraits de son recueil. L’entretien sera conduit par Lisbeth Koutchoumoff.

«C’est alors qu’il lui dit vous êtes fine et légère comme les pages d’une Bible, votre démarche claire et ample délie même les battements du sang qui secouent vos veines, ceux de l’ombre, vous êtes le regard que je suis, le sable que je transporte en vain d’une nuit à l’autre, le geste du tremble, le tintement de la porte au sortir du matin.»
Mathilde Vischer, Lisières

Mathilde Vischer est traductrice littéraire, professeure à la Faculté de traduction et d’interprétation de Genève et poète. Elle traduit des poètes contemporains de l’allemand (Felix Philipp Ingold) et de l’italien (Fabio Pusterla, Alberto Nessi, Pierre Lepori, Massimo Gezzi, Elena Jurissevich, Leopoldo Lonati) vers le français, et a publié entre autres un essai sur les poètes et traducteurs Philippe Jaccottet et Fabio Pusterla.

La Fondation Schiller Suisse encourage et soutient la création littéraire et sa visibilité par-delà les frontières de nos quatre régions linguistiques. Créée en 1905, elle rend hommage à Friedrich Schiller (1759-1805), l’auteur de Guillaume Tell. Depuis 2013, elle remet le prix Terra nova pour la littérature à un auteur en début de carrière pour un ouvrage de grande qualité dans l’une des quatre langues nationales, généralement pour une première œuvre, ainsi qu’un prix de traduction littéraire. Son jury est composé de lectrices et des lecteurs passionnés: auteurs, journalistes culturels, critiques littéraires, bibliothécaires ou professeurs de littérature.

 

Projections: entretien avec Ella Maillart, par Bertil Galland

En marge du cycle estival Auteurs-lecteurs, trois histoires d’affinités romandes, la MRL projette trois entretiens avec des écrivain-e-s romand-e-s: Ella MaillartGeorges Simenon et Noëlle Revaz.

Née dans une famille genevoise en 1903, Ella Maillart fut initiée au ski à l’époque héroïque du sport. Reporter en URSS, après Moscou elle découvrit le Caucase et l’Asie centrale. En 1935, en Chine, elle accomplit avec Peter Fleming un raid extraordinaire dans les contrées désertiques au nord du Tibet et au Sinkiang. Son récit, Oasis interdites, la rendit célèbre. Plus tard, son itinéraire, guidé par quelques sages, se mua en parcours dans le secret de l’être, ce que nous révèle ce portrait.

L’entretien avec Ella Maillart, conduit par Bertil Galland, a été filmé le 21 juin 1984 à Chandolin (VS) pour l’Association Films Plans-Fixes.

 

© 2020 MRL
Ce site Wordpress a été développé à Genève par thelab.ch