Mère et (in)visible ?

Journée internationale des femmes

 

Nathalie Piégay dans Une femme invisible et Chirine Sheybani avec C’est l’histoire d’une mère qui s’en va mettent en lumière deux destinées emblématiques de la condition des femmes : d’un côté, la mère d’Aragon et son histoire d’amour, d’écriture et de dissimilation ; de l’autre, une femme ordinaire face à l’ambivalence de l’expérience de la maternité. Deux romans puissants, qui dessinent des portraits de femmes confrontées à des traditions et des clichés tenaces ; deux protagonistes qui se battent pour rester debout et autonomes, malgré les fissures intérieures. 

 

Pour rédiger Une femme invisible, l’écrivaine et chercheuse Nathalie Piégay a mené une longue enquête sur la mère de Louis Aragon et les mensonges qui entourent la naissance du célèbre poète. Face à l’indigence des documents trouvés, elle a inventé, elle a donné à Marguerite une épaisseur, une volonté et une sensualité. À travers l’existence effacée de cette femme, surgissent des pans étonnants de la biographie d’Aragon. Un roman magnétique et savant qui a été retenu dans les finalistes du Prix Renaudot essai 2018. 

Si Nathalie Piégay se penche sur une femme de la fin du 19e siècle, tout en la rattachant à la conscience féministe du siècle suivant, C’est l’histoire d’une mère qui s’en va s’inscrit parmi les ouvrages ultra contemporains qui osent parler ouvertement de la maternité. À coups de phrases incisives, Chirine Sheybani y dégomme un certain nombre de lieux communs et révèle avec justesse le psychisme d’une jeune femme somme toute banale. Un récit sensible où se dessine un chemin initiatique libérateur. 

 

NATHALIE PIÉGAY

Née en 1965 à Lyon. Nathalie Piégay est écrivaine et critique littéraire. Après avoir longtemps enseigné à l’université Paris-Diderot, elle est aujourd’hui professeure de littérature moderne et contemporaine à la Faculté des lettres de l’université de Genève. Spécialiste de Simenon, Pinget et Aragon, elle signe son premier roman en 2018 avec Une femme invisible et son second, La petite ceinture, en 2020. Ces deux livres sont parus aux éditions du Rocher

 

CHIRINIE SHEYBANI

Née en 1983 à Genève. Chirine Sheybani a publié son premier roman en 2019 : Nafasam a connu un bel écho critique et public, et a notamment reçu le Prix Lettres Frontières 2019. C’est l’histoire d’une mère qui s’en va est son deuxième roman. Ces deux livres sont publiés par les éditions Cousu Mouche

 


Pour en finir avec l’universel partage

A quelques semaines du Printemps de la poésie, la MRL a lancé un défi à son fondateur, Antonio Rodriguez : imaginer un projet qui dise son engagement envers la poésie et valorise le format numérique. Sans hésiter, Antonio Rodriguez a répondu : « Pour en finir avec l’universel partage ». Artaud n’est pas très loin, Mallarmé non plus.

 

Où se tient la poésie aujourd’hui ? Comment « vivre poétiquement » en Suisse ? Quels sont les actes qui nous ancrent poétiquement dans l’ici sans renoncer aux circulations plus « mondiales » ? Poète et professeur, Antonio Rodriguez réalise un podcast en regardant par sa fenêtre et en observant poétiquement son environnement. Il prend appui sur un « écosystème » qu’il entrevoit comme une « vallée lyrique » au milieu du continent européen – bien loin de l’« egosystème » industriel qui absorbe et sacrifie les énergies créatives pour reproduire certains modèles. Désormais l’« universel partage » se tient sur les réseaux sociaux comme une nouvelle norme pour échanger les « mots de la tribu », et remplacer l’ « universel reportage » de Mallarmé, auparavant garanti par les forts tirages de la presse et des éditeurs. Le passage du papier au pixel implique-t-il forcément une perte ? Antonio Rodriguez développe la recherche d’une vie meilleure grâce à la poésie et à ce qu’elle peut encore représenter actuellement.

 

Le programme complet du Printemps de la poésie ICI

 

 

ANTONIO RODRIGUEZ

Né en 1973. Poète et professeur à la Faculté des lettres de l’université de Lausanne, Antonio Rodriguez est le fondateur du Printemps de la poésie en Suisse. En 2020, avec Europa Popula, il a achevé sa trilogie poétique sur l’Europe chez Tarabuste (Big bang Europa, Après l’Union). Président du réseau mondial d’études poétiques I.N.S.L., il mène également une série de réflexions sur les réseaux littéraires et les organisations internationales de la poésie.

 

Poésie mise en bouche

Une rencontre en partenariat avec le Printemps de la poésie

 

Ces deux-là ne sont pas dustyle à confiner leurs mots dans un livre : Emanuel Campo et Matthieu Corpataux aiment donner de la voix, du son, de la mastication à leur poésie. Ils s’emparent du quotidien, de ce qui leur passe sous les yeux, et pourquoi pas de sucre roux, de kebab, de questions de société, de souvenirs d’enfance, de google et de références textuelles ; de tout cela et plus encore pour nous embarquer dans leur univers décomplexé. Ils osent être terre-à-terre sans se priver de raffinements littéraires. Raymond Carver n’est jamais très loin de leur inspiration made in USA dans ce qu’elle a de meilleur : une poésie immédiate, simple, affranchie d’une métrie imposée. Deux poètes qui décloisonnent le genre en toute liberté : ça nous en bouche un coin et ça fait du bien. 

Emanuel Campo et Matthieu Corpataux se rencontrent ici pour la première fois et échangent sur leur démarche et les enjeux de la poésie aujourd’hui. 

 

Le programme complet du Printemps de la poésie ICI

 

MATTHIEU CORPATAUX

Né en 1992. Matthieu Corpataux fonde l’Epître en 2013, une revue en ligne et en papier centrée sur la relève littéraire. Depuis 2014, il dirige la maison d’édition des Presses littéraires de Fribourg qu’il a fondée cette même année avec Luca Giossi. En 2019, il est nommé à la direction du Salon du livre de Fribourg, qu’il rebaptise Textures. Sucres est son premier recueil de poésie (éd. de l’Aire, collection Métaphores, 2020). Il vit à Fribourg. 

 

EMANUEL CAMPO

Né en 1983 en Suède. Entre poésie, théâtre, performance et musique, Emanuel Campo évolue librement. Il est notamment actif au sein de Etrange Playground, une compagnie pluridisciplinaire tournée vers les écritures contemporaines et la poésie. Aux éditions de la Boucherie littéraire, il publie Maison. Poésies domestiques (2015) et Faut bien manger (2019), un texte actuellement en lice pour le Prix des Découvreurs. Entre ces deux publications, son recueil Puis tu googlas le sens du vent pour savoir d’où il venait paraît aux éditions Gros Textes (2018). Il vit à Lyon. 

 

À lire : 

Matthieu Corpataux, Sucres, éd. de l’Aire, 2020

Emanuel Campo, Faut bien manger, éd. la Boucherie littéraire, 2019 ; Puis tu googlas le sens du vent , éd. Gros textes, 2018 ; Maison. Poésies domestiques, éd. la Boucherie littéraire, 2015

Quand la fiction comble les trous de la mémoire familiale

Daniel Maggetti et Romain Buffat ouvrent les malles de leur histoire familiale, pour y trouver des souvenirs lacunaires, des photographies jaunies et quelques lettres qui appellent l’imagination. Face aux silences de leur généalogie, les deux écrivains spéculent. Deux styles, deux récits différents qui disent combien l’écriture objective n’existe pas, combien l’histoire est sujette à inventions.

Dans Schumacher, premier roman de Romain Buffat, nous suivons le protagoniste qui donne son nom au livre. De ce jeune homme, le narrateur « ne sait à peu près rien, sinon ce qu’il faut pour en faire un mythe. ». Il sait toutefois ceci : Schumacher a fait un enfant à une jeune Française… la grand-mère de l’auteur. Nous sommes dans les années 1950, entre les Etats-Unis et une base américaine située dans le nord de la France. Au passage de cette reconstitution jubilatoire, le rêve américain est passablement écorné, tandis que la légende familiale colmate ses fissures.

Avec Daniel Maggetti et Une femme obscure, on change de lieu et d’époque. Nous voilà dans un village du Tessin, au début du siècle dernier. Là règne Melanía, la grand-mère de l’écrivain. Toute jeune, elle est tombée enceinte, on ne sait pas de qui. Un personnage dense et opaque, une femme ambiguë et puissante qui entraîne le lecteur dans un monde disparu.

 

Romain Buffat, Schumacher, éd. d’autre part, 2018                                 Daniel Maggetti, Une femme obscure, éd. Zoé, 2020

 

 

ROMAIN BUFFAT

Né à Yverdon-les-Bains en 1989. Il se forme à l’Institut littéraire de Bienne et fait partie du collectif d’auteurs Hétérotrophes. Schumacher (éd. d’autre part, 2018), son premier roman, a été très remarqué par la critique et le public. Il vient d’être traduit en allemand chez Verlag Brotsuppe. Romain Buffat participe à divers projets littéraires. Dernièrement, il a écrit le feuilleton « Qwertzédaire : histoire d’une Hermès 3000 », une commande la Bibliothèque publique et scolaire d’Yverdon-les-Bains. Il vit à Lausanne.

 

 

DANIEL MAGGETTI

Né au Tessin en 1961. Il se forme à l’Université de Lausanne, où il vit aujourd’hui, et dirige le Centre des Littératures en Suisse romande. Il est l’auteur d’éditions critiques et de plusieurs essais portant sur la littérature romande. Il signe également des recueils de poésie et des romans, parmi lesquels La veuve et l’enfant (éd. Zoé, 2015), Les créatures du Bon Dieu (éd. L’Aire, 2007), Chambre 112 (éd. L’Aire, 1997), Les morts, les anges, la poussière (éd. L’Aire, 1995).

Beyrouth, entre vitalité et sidération

En partenariat avec RTS Culture et QWERTZ, sa Newsletter Livres

 

En juillet 2020, le romancier libanais Charif Majdalani commence un carnet de bord. Il y consigne des anecdotes qui disent le quotidien de son pays, la corruption, la crise politique, économique et sanitaire. De ces petites histoires il comptait faire une fiction. L’explosion du 4 août a donné un nouveau sens à son projet : Beyrouth 2020, journal d’un effondrement devient alors le témoignage d’une catastrophe. Et pourtant Charif Majdalani n’y perd jamais le sens de la vitalité, de la poésie et même de l’humour. Ce livre lui a valu le Prix Femina 2020. 

Pour parler de cet élan de vie et de la force de créativité qui irradient le Liban, Charif Majdalani rencontre – virtuellement – Marco Costantini, co-directeur du Mudac (Musée de design et d’arts appliqués de Lausanne) et commissaire d’une exposition en cours d’élaboration sur le design à Beyrouth. Ce chantier d’envergure plonge dans l’histoire récente du design comme reflet du dynamisme créatif du Liban, de la volonté de ses artistes de s’emparer de leur Histoire et de leur liberté. 

L’explosion de cet été a particulièrement touché le quartier où se concentrait la majorité des designers. Jusqu’ici, il y avait peu de documents sur l’histoire du design. À ce manque s’ajoutent aujourd’hui un milieu dévasté et une nation sidérée. 

 

 

CHARIF MAJDALANI

Charif Majdalani vit à Beyrouth, où il est né en 1960. Il est l’une des plumes les plus éloquentes de son pays. Il enseigne à l’université Saint-Joseph, à Beyrouth, et y dirige le département des lettres françaises. Parmi ses autres livres, tous publiés aux éditions du Seuil : L’empereur à pied (2017), Villa des femmes (2015, Prix Jean Giono), Le dernier Seigneur de Marsad (2013).

 

MARCO COSTANTINI

Historien de l’art et commissaire d’exposition, Marco Costantini est directeur adjoint du Mudac (Musée de design et d’arts appliqués contemporains de Lausanne) depuis 2020. Il est aussi co-directeur de la revue Raddar, premier magazine de Suisse consacré à la recherche dans le domaine du design.

Jean Starobinski, cent ans et deux nouveaux livres

Cet automne 2020, Jean Starobinski aurait eu cent ans. Pour fêter cet intellectuel de génie, deux ouvrages de lui paraissent en librairie : Le corps et ses raisons, un livre posthume édité et préfacé par Martin Rueff et Histoire de la médecine, une réédition de la publication de 1963 éditée et préfacée par Vincent Barras.

Martin Rueff et Vincent Barras se retrouvent autour du micro de la MRL pour nous parler de ces deux publications et évoquer plus largement la figure et l’œuvre de Jean Starobinski.

Première partie:

 

Deuxième partie:

 

Le corps et ses raisons (éd. du Seuil)

Premier livre posthume de Jean Starobinski, conçu par lui avant sa disparition, il réunit des articles écrits entre 1950 et 1980. S’entrelacent ici le regard clinique et le regard critique, l’historien de la médecine et l’interprète littéraire qu’était Jean Starobinski. L’auteur revient sur des grands textes de la littérature (dont La peste et Madame Bovary), tout en rappelant des noms de savants et de médecins d’autrefois qui éclairent notre présent.

 

Histoire de la médecine (éd. Héros-Limite)

Le livre paraît initialement en 1963 chez Rencontre, une maison d’édition lausannoise. Destiné au grand public, il est tiré au nombre spectaculaire de 60 000 exemplaires. C’est Nicolas Bouvier, devenu un ami proche de Jean Starobinski, qui y rassemble la riche iconographie. L’ouvrage traverse l’histoire de la médecine occidentale, de l’Antiquité à l’époque contemporaine. Dans cette réédition, Vincent Barras resserre l’iconographie, mettant davantage en valeur le texte qui résonne comme une invitation à parcourir « le destin des civilisations » pour mieux comprendre « les valeurs fondamentales de notre existence ».

 

MARTIN RUEFF

Professeur de littérature française à l’université de Genève, il occupe la chaire du 18e siècle, autrefois occupée par Alain Grosrichard, qui a lui-même succédé à Jean Starobinski. Il est également poète, traducteur, philosophe et critique littéraire.

 

VINCENT BARRAS

Médecin de formation, il est aujourd’hui historien de la médecine. Il travaille au sein du Centre hospitalier universitaire du Canton de Vaud (CHUV) et enseigne l’Histoire et la philosophie des sciences à la faculté de biologie et de médecine. Il est aussi poète, traducteur et éditeur.

 

 

Jean STAROBINSKI – cent ans

17 novembre 2020 : Jean Starobinski aurait eu cent ans aujourd’hui. Si l’homme s’est éteint en mars 2019, sa pensée reste puissamment éclairante. Critique littéraire hors norme, historien des idées, médecin, spécialiste du Siècle des Lumières, Jean Starobinski – en sublime passeur – aura voué sa vie à nous permettre de mieux comprendre les œuvres et notre temps.

En 2016, nous avons eu la chance d’accueillir la dernière intervention publique du savant. C’était au Palais Eynard, grâce à l’étroite collaboration de l’université de Genève. Les photographies ci-dessous, signées Magali Girardin, en font revivre des instants.

Pour saluer sa mémoire, cette lettre inédite du poète et critique Martin Rueff, actuel titulaire de la chaire de littérature du 18e siècle autrefois occupée par le maître.

Genève, le 28 juin 2016. À l’occasion de la sortie du livre “La beauté du monde” (éd. Gallimard), au Palais Eynard. © MRL 2016 – Magali Girardin

 

 

Lettre à Jean Starobinski de Martin Rueff

 

           Cher Jean, il y a plus d’un an que vous êtes trop loin pour que nous puissions vous adresser la parole, et que votre douceur nous manque ; il y aura aujourd’hui cent ans que vous naissiez.

            Comment vous écrire pour vous dire ce qu’on ne dit qu’aux vivants : bon anniversaire ? Comment vous dire ce qui nous attache à vous et qui reste si intensément présent pour nous ? Comment vous dire aussi ce que vous voudriez savoir et qui fait le prix des correspondants lointains, ce qu’est devenu le monde depuis que vous l’avez quitté ? C’est cela sans doute que vous voudriez savoir de nous.

            Votre parole nous manque, votre regard nous manque et ce n’est pas tant à l’écrivain que vous êtes que je pense : c’est au professeur. Comment aurait-il accueilli ce qui agite aujourd’hui les universités ? A l’heure où, sous le triple coup de la mutation climatique qui détruit notre monde, de la dérégulation économique et de l’explosion des inégalités sociales, il semble que la « nouvelle universalité » ce soit, selon les mots douloureux de Bruno Latour, de « sentir que le sol est en train de céder », votre enseignement, avec sa puissance d’hospitalité et de formulation, nous fait défaut.

            Je fais le pari que vous n’auriez pas craint de voir l’université débattre de toutes les questions d’identité ; que vous n’auriez pas eu peur d’expliquer que les Lumières ne sont pas ce squelette décharné qui sert aujourd’hui d’épouvantail aux ignorances de tous bords ; que vous auriez tenu à rappeler que l’émancipation est leur programme, et l’universalité des droits l’énoncé d’un problème et non l’affirmation butée d’une solution toute faite. Vous auriez dit que les Lumières qui créèrent les sciences humaines ne se détournaient pas des religions, mais qu’elles s’en obsédaient à chaque fois qu’elles redoutaient, parce qu’elles les constataient, les empiètements du théologique et du politique.

            Vous auriez convoqué les poètes. Vous auriez évoqué vos auteurs chéris, le ramage de Diderot, la fête de Rousseau, la joie bouleversante de Mozart, la délicatesse déchirante de Chardin. Vous auriez affirmé les pouvoirs de l’intelligence quand elle s’assortit de l’inquiétude de la sensibilité. Vous auriez dit, comme dans votre Montesquieu de 1953 que la modération, loin d’être un « rétrécissement », « implique une perpétuelle vigilance ». A l’heure des tonitruements, votre modération est un bien précieux qu’il faut chérir.

            De notre part, en guise de cadeau d’anniversaire, autour de la table fleurie, nous voudrions vous offrir deux de vos livres, fraîchement édités : Le Corps et ses raisons et Histoire de la médecine, le premier que vous aviez construit pour le confier au Seuil, le second qui remonte à 1963 et que Nicolas Bouvier vous avait demandé d’illustrer. Des mains fidèles tendent ces livres vers vous comme un retour facétieux à l’envoyeur.

            Vous qui étiez si grave, vous aimiez distinguer dans la vie la facétie comme une des plus jolies figures de la grâce. J’aimerais qu’Hésiode l’ait distinguée parmi les muses enchanteresses, car c’est de la facétie que je voudrais me réclamer ce matin pour fêter votre centenaire.


Martin Rueff
Genève, le 17 novembre 2020

 

Genève, le 28 juin 2016. Dédicace à l’occasion de la sortie du livre “La beauté du monde” (éd. Gallimard), au Palais Eynard. © MRL 2016 – Magali Girardin

Genève, le 28 juin 2016. Martin Rueff, Jean Starobinski et Michel Jeanneret à l’occasion de la sortie du livre “La beauté du monde” (éd. Gallimard), au Palais Eynard. © MRL 2016 – Magali Girardin



Deux livres de Jean Starobinski sortis en librairie en novembre

 

Le Corps et ses raisons (éd. Seuil), où quand le corps devient un espace de quête du se

ns. Jean Starobinski avait conçu l’ouvrage de son vivant et demandé à Martin Rueff d’en écrire la préface. Il nous arrive là, comme un joyeux clin d’œil de l’au-delà.

Histoire de la médecine (éd. Héros-Limite), une réédition établie et annotée par l’historien de la médecine Vincent Barras. Le livre a été publié une première fois en 1963, aux Editions Rencontre. L’iconographie était alors signée par Nicolas Bouvier. On la retrouve ici, toujours aussi captivante.

Anne-Sophie Subilia | Ecrire le dehors

Intéressée par la figure du flâneur et le rapport que nous entretenons avec le réel, Anne-Sophie Subilia vous invite à une expérience sensible en deux temps. D’abord, vous vous promènerez et prendrez des notes dans une attitude d’observation. A partir de cette matière première, vous écrirez ensuite vos textes. Ce sera alors l’occasion d’explorer divers registres littéraires, dans un aller-retour créatif entre le dehors observé et vos perceptions intérieures. Cet atelier permettra également d’aborder d’un point de vue original la relation dynamique et inspirante entre objectivité et subjectivité.


ANNE-SOPHIE SUBILIA

Anne-Sophie Subilia vient de publier son cinquième livre, Neiges intérieures (éd. Zoé 2020), après avoir signé Les hôtes (Paulette éditrice 2018), Parti voir les bêtes (éd. Zoé 2016, Arthaud Poche 2018), Qui-vive (Paulette éditrice 2016) et Jours d’agrumes (éd. de l’Aire 2013). Sa démarche est marquée par la géopoétique et la pensée de Kenneth White, qui met au centre de sa recherche le rapport de l’Homme à la Terre et notre relation à l’environnement. En 2019, elle a co-signé la performance Hyperborée avec le metteur en scène et acteur Jean-Louis Johannides et l’artiste sonore Rudy Decelière (présenté à la Comédie de Genève, au Théâtre Saint-Gervais, au Théâtre du Grütli et à l’ABC). Anne-Sophie Subilia est membre du collectif AJAR.

Elisa Shua Dusapin | L’art du portrait

La description d’un personnage a toujours un sens dans un texte, quel que soit le registre (roman, polar, journal intime, autofiction…). Un portrait peut permettre d’évoquer un contexte social, culturel ou historique. Il peut aussi induire un profil psychologique, véhiculer un monde symbolique ou suspendre le temps dans le flux d’une intrigue. Quand et comment faire intervenir un portrait pour qu’il exprime au mieux vos intentions d’auteur ? Quels termes choisir et de quelle manière les agencer ?  C’est ce que vous expérimenterez avec Elisa Shua Dusapin. Et vous verrez également que ce qui est valable pour un personnage peut l’être pour un lieu ou tout autre élément d’un texte.

ELISA SHUA DUSAPIN
Elisa Shua Dusapin s’est fait remarquer dès la parution de son premier livre, Hiver à Sokcho (éd. Zoé, 2016), qui lui a valu plusieurs distinctions, dont le Prix Robert Walser. Avec son deuxième roman, Les billes du Pachinko (éd. Zoé, 2018), elle se retrouve à nouveau sur le devant de la scène littéraire suisse et reçoit le Prix suisse de littérature 2019. Toujours aux éditions Zoé, elle vient de publier Vladivostok Circus. Elisa Shua Dusapin a obtenu son diplôme à l’Institut littéraire de Bienne en 2014, puis a poursuivi ses études en Faculté de lettres à l’université de Lausanne. Elle travaille également dans le domaine du théâtre.

Mathias Howald | Album de soi

Quelle image souhaitons-nous donner de nous-même ? Et quelles images de nous sont produites indépendamment de notre volonté ? A partir de souvenirs, de photographies de famille ou encore de lectures, vous traverserez cette fascinante thématique en compagnie de l’auteur Mathias Howald. Durant cet atelier, vous réaliserez des petits livres individuels, composés de chapitres écrits selon différentes consignes inspirées par les démarches d’écrivaines et d’écrivains tels que Marguerite Duras, Annie Ernaux, Georges Perec, Robert Walser et Hervé Guibert.

MATHIAS HOWALD
Né à Lausanne en 1979, Mathias Howald a suivi des études de Lettres et enseigne aujourd’hui l’anglais au gymnase. Son premier roman, Hériter du silence (éd. d’autre part 2018) a rencontré un bel écho auprès du public et de la critique. Il a obtenu le Prix du Public RTS 2019. Parallèlement à sa pratique d’écriture personnelle, Mathias Howald est membre du collectif Caractères mobiles, avec lequel il vient de publier Au Village, également aux éditions d’autre part.

ANNULÉ – Pajak-Mégevand : la biographie ou comment s’emparer de la vie des autres

Frédéric Pajak et Matthieu Mégevand ont développé, ces dernières années, un important projet littéraire axé sur la biographie d’artistes célèbres et basé sur un colossal travail de documentation. Qu’est-ce qui les intéresse tant dans la vie des autres et que deviennent ces existences sous leur plume ?

Chez Frédéric Pajak, cette entreprise a donné lieu au Manifeste incertain, un livre en neuf volumes consacré à des figures telles que Walter Benjamin, Vincent Van Gogh, Emily Dickinson ou encore Marina Tsvetaieva. Publié au rythme d’un par année, le dernier va paraître en septembre 2020. Manifeste incertain 7 a valu à son auteur le Prix Goncourt de la biographie 2019, tandis que le volume 3 a été salué par le Prix Médicis Essai 2014 et le Prix suisse de littérature 2015. Ces livres dessinés par Pajak lui-même de son trait noir et intense forment « une réflexion sur l’Histoire d’apparence fragmentée », saisie non seulement du point de vue des grands événements, mais aussi par la lorgnette de la petite histoire, de celle des « laissés-pour-compte et des vaincus », pour reprendre les mots de Pajak. Tous les volumes de son Manifeste incertain sont publiés par les Editions Noir sur Blanc.

Quant à Matthieu Mégevand, il conçoit une trilogie romancée : chaque volet porte sur un artiste mort à 36 ans et tous sont édités chez Flammarion. Le premier volet, La bonne vie, se penche sur la destinée de Roger Gilbert-Lecomte (1907-1943). Ce poète maudit est fasciné par Rimbaud et rejeté par Breton, avant d’être quelque peu oublié par l’histoire littéraire. Le second, Lautrec, est dédié à Henri Toulouse-Lautrec (1864-1901), peintre génial et homme de tous les excès. Le dernier, en cours d’écriture, s’inspire de la vie de Mozart (1756-1791).

Rencontre avec projection des dessins de Frédéric Pajak

FRÉDÉRIC PAJAK
Auteur franco-suisse, né en 1955. Il a publié une vingtaine de livres, qui mêlent presque toujours dessin et écriture, et qui ont régulièrement été primés. Il dirige la collection des Cahiers dessinés chez Buchet Chastel.

MATTHIEU MÉGEVAND
Né à Genève en 1983, il a notamment publié Ce qui reste des mots (éd. Fayard 2013) et Les lueurs (éd. l’Âge d’homme, 2016). En 2018 paraît La bonne vie et, l’année suivante, Lautrec. Depuis 2015, il dirige les éditions Labor et Fides.

ANNULÉ – Patrick Chamoiseau intime

Patrick Chamoiseau, l’une des voix les plus influentes de la Caraïbe et de la littérature contemporaine, sera parmi nous les 19 et 20 mars. Deux rendez-vous axés sur deux thèmes différents. Ces rencontres sont menées par Jérôme David, en collaboration avec le Bodmer Lab.

Comment l’intimité rime-t-elle avec l’altérité, le monde et la grande histoire dans l’œuvre de Patrick Chamoiseau ? C’est ce qu’aborde ici l’auteur de Texaco, prix Goncourt 1992.

Entre 1990 et 2005, Patrick Chamoiseau a écrit trois livres autobiographiques : Antan d’enfance, Chemin-d’école, A bout d’enfance. L’écrivain y révèle sa langue poétique et son art de conteur hors pair. Loin de tout narcissisme, ces textes traversent des thèmes qui lui sont chers : la créolité, le mélange des origines, l’injustice sociale, le racisme, la domination des peuples…

En 2016, il signe La matière de l’absence, un nouveau roman écrit à partir de la mort de sa mère. Mais c’est là encore l’occasion de dépasser l’événement personnel pour parler de l’histoire des Antilles, de ses mythes, de ses rites et de sa créativité.

ANNULÉ – Mathias Howald | Album de soi

Quelle image souhaitons-nous donner de nous-même ? Et quelles images de nous sont produites indépendamment de notre volonté ? A partir de souvenirs, de photographies de famille ou encore de lectures, vous traverserez cette fascinante thématique en compagnie de l’auteur Mathias Howald. Durant cet atelier, vous réaliserez des petits livres individuels, composés de chapitres écrits selon différentes consignes inspirées par les démarches d’écrivaines et d’écrivains tels que Marguerite Duras, Annie Ernaux, Georges Perec, Robert Walser et Hervé Guibert.

MATHIAS HOWALD
Né à Lausanne en 1979, Mathias Howald a suivi des études de Lettres et enseigne aujourd’hui l’anglais au gymnase. Son premier roman, Hériter du silence (éd. d’autre part 2018) a rencontré un bel écho auprès du public et de la critique. Il a obtenu le Prix du Public RTS 2019. Parallèlement à sa pratique d’écriture personnelle, Mathias Howald est membre du collectif Caractères mobiles, avec lequel il vient de publier Au Village, également aux éditions d’autre part.

ANNULÉ – Projet XVII: Lautréamont-Maldoror

Après avoir mis en voix et en musique les vers de Baudelaire, Guillaume Pidancet et Michael Borcard s’emparent des sulfureux Chants de Maldoror pour une lecture performative, aux vibrations électro-poétiques. Vertige garanti, dans le cadre du sémillant Printemps de la poésie et en partenariat avec l’Abri.

Œuvre inclassable et provocante écrite dans une prose poétique, texte de référence pour les Surréalistes, Les Chants de Maldoror fascinent. Rédigé par le Comte de Lautréamont – alias Isidore Ducasse – dans la deuxième moitié du 19e siècle, ce bijou noir de la littérature suit l’errance de son protagoniste Maldoror, un être satanique doublé d’un archange du Mal en guerre contre Dieu. Des six chants, Guillaume Pidancet et Michael Borcard en sélectionnent un pour cette lecture musicale qui reste strictement fidèle au texte, sans en modifier un mot. Cette fidélité est d’ailleurs la marque de fabrique des deux artistes, qu’il s’agisse de leur précédent travail sur Baudelaire ou sur le Frankenstein de Mary Shelley. Leur leitmotiv : donner la poésie en partage, faire entendre de manière vivante et inattendue des œuvres classiques qui appartiennent à l’imaginaire collectif. Ils proposent ici une expérience sonore, entre la transe et l’étrange, rythmée par la voix magnétique du premier et la palette électro-progressive du second.

Cette lecture inédite est spécialement créée pour la MRL et le Printemps de la poésie.

 

GUILLAUME PIDANCET
C’est l’intuition de la poésie comme « acte de résistance à la froideur mécanique du monde » qui motive cet artiste pluriel. Guillaume Pidancet compose, chante, joue, met en scène. En 2014, il monte Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce et en 2015, La Route, le Monstre d’Agota Kristof. Cette même année, il écrit et crée Voyages extraordinaires, un conte forain avec la soprano Doris Sergy et le pianiste Alain Porchet, qui mêle chanson française et chant lyrique. En 2017, avec le musicien Michael Borcard, il fonde Projet XVII, un « laboratoire de poésie électro ». Sous ce label, les deux acolytes signent Projet XVII : Baudelaire (présenté notamment à la Fureur de lire 2017) et, tout dernièrement, Mary Shelley-Frankenstein ou le Prométhée moderne (au théâtre TKM de Renens).

MICHAEL BORCARD
Saxophoniste, compositeur et multiinstrumentiste, Michael Borcard arpente librement les registres musicaux, du jazz au funk, du reggae à la Noise en passant par le rock. Il conçoit ses propres compositions et arrangements depuis 1999. Il a notamment joué au Montreux Jazz Festival, aux Eurockéennes de Belfort, au Festival Jazz à Vienne, et aussi dans de nombreux pays et villes telles que Londres, Paris, Kingston ; a collaboré entre autres avec Lee Scratch Perry, Prince Alla, I-Kong, Café Bertrand. Depuis 2016, il compose la musique de courts-métrages pour le Kino Kabaret de Genève. En 2017, il fonde avec Guillaume Pidancet le duo Projet XVII, basé sur un dialogue créatif entre musique et poésie.
En savoir plus : michaelborcard.com

http://darksite.ch/projetxvii/

ANNULÉ – Patrick Chamoiseau : promesses du Tout-monde

Patrick Chamoiseau, l’une des voix les plus influentes de la Caraïbe et de la littérature contemporaine, sera parmi nous les 19 et 20 mars. Deux rendez-vous axés sur deux thèmes différents. Ces rencontres seront menées par Jérôme David, en collaboration avec le Bodmer Lab.

Pour ce premier rendez-vous, notre partenaire le Musée d’Ethnographie de Genève nous accueille dans son exposition permanente.

Patrick Chamoiseau est l’héritier du Tout-monde. Cette notion, développée par le poète et philosophe martiniquais Edouard Glissant (1928-2011), ouvre une réflexion généreuse sur la mondialité, l’interdépendance des peuples, la différence des cultures et les relations enrichissantes entre ces différences.

Lors de cette rencontre, Patrick Chamoiseau nous parlera de cette utopie. Il abordera aussi le sujet des inégalités culturelles et des violences coloniales par le prisme de la littérature, vue comme un espace de réparation et la possibilité de penser notre monde globalisé.

ANNULÉ – Quelle part de création dans le travail de traduction ?

Avec Odile Cornuz, Pierre Lepori et Anita Rochedy, nous nous aventurons dans l’univers fascinant de la traduction littéraire. La question centrale : le traducteur est-il aussi un créateur ? En ouverture de cette rencontre, la talentueuse poétesse italienne Laura Accerboni lira quelques-uns de ses nouveaux poèmes (parution au printemps 2020 aux éditions Einaudi). Un rendez-vous conçu en partenariat avec la Casa della Letteratura per la Svizzera italiana.

Le traducteur littéraire est-il aussi un auteur ? Quelle est sa part de création dans son travail de traduction et quelles interactions existent entre lui et l’œuvre qu’il traduit ? Comment passer d’une langue à une autre sans trahir le texte original ? Vastes questions qui ouvrent des champs de discussion tout aussi vastes et qui taraudent depuis longtemps le domaine des lettres. Pour échanger sur ce sujet, nous invitons trois personnalités au profil bien différent :

♦l’écrivaine Odile Cornuz, qui a rencontré et traduit quelques textes de Laura Accerboni dans le cadre spécifique du Festival Babel en 2016, mais dont la traduction n’est pas le métier ;

Pierre Lepori, auteur et traducteur de ses propres écrits en langue italienne ;

Anita Rochedy, qui est essentiellement traductrice et qui s’est fait notamment connaître avec ses traductions de Paolo Cognetti (Les huit montagnes, Garçons sauvages).

Cette rencontre sera l’occasion de voyager dans les langues et d’entendre l’italien – une de nos belles langues nationales ! – par la voix de Laura Accerboni, jeune poétesse aux multiples distinctions qui publie ce printemps un nouveau recueil de poésie aux réputées éditions italiennes Einaudi.

Mathias Howald | Album de soi

Quelle image souhaitons-nous donner de nous-même ? Et quelles images de nous sont produites indépendamment de notre volonté ? A partir de souvenirs, de photographies de famille ou encore de lectures, vous traverserez cette fascinante thématique en compagnie de l’auteur Mathias Howald. Durant cet atelier, vous réaliserez des petits livres individuels, composés de chapitres écrits selon différentes consignes inspirées par les démarches d’écrivaines et d’écrivains tels que Marguerite Duras, Annie Ernaux, Georges Perec, Robert Walser et Hervé Guibert.


MATHIAS HOWALD
Né à Lausanne en 1979, Mathias Howald a suivi des études de Lettres et enseigne aujourd’hui l’anglais au gymnase. Son premier roman, Hériter du silence (éd. d’autre part 2018) a rencontré un bel écho auprès du public et de la critique. Il a obtenu le Prix du Public RTS 2019. Parallèlement à sa pratique d’écriture personnelle, Mathias Howald est membre du collectif Caractères mobiles, avec lequel il vient de publier Au Village, également aux éditions d’autre part.

ANNULÉ – Elisa Shua Dusapin | L’art du portrait

La description d’un personnage a toujours un sens dans un texte, quel que soit le registre (roman, polar, journal intime, autofiction…). Un portrait peut permettre d’évoquer un contexte social, culturel ou historique. Il peut aussi induire un profil psychologique, véhiculer un monde symbolique ou suspendre le temps dans le flux d’une intrigue. Quand et comment faire intervenir un portrait pour qu’il exprime au mieux vos intentions d’auteur ? Quels termes choisir et de quelle manière les agencer ?  C’est ce que vous expérimenterez avec Elisa Shua Dusapin. Et vous verrez également que ce qui est valable pour un personnage peut l’être pour un lieu ou tout autre élément d’un texte.


ELISA SHUA DUSAPIN

Elisa Shua Dusapin s’est fait remarquer dès la parution de son premier livre, Hiver à Sokcho (éd. Zoé, 2016), qui lui a valu plusieurs distinctions, dont le Prix Robert Walser. Avec son deuxième roman, Les billes du Pachinko (éd. Zoé, 2018), elle se retrouve à nouveau sur le devant de la scène littéraire suisse et reçoit le Prix suisse de littérature 2019. Elisa Shua Dusapin a obtenu son diplôme à l’Institut littéraire de Bienne en 2014, puis a poursuivi ses études en Faculté de lettres à l’université de Lausanne. Elle travaille également dans le domaine du théâtre.

ANNULÉ – Anne-Sophie Subilia | Ecrire le dehors

Intéressée par la figure du flâneur et le rapport que nous entretenons avec le réel, Anne-Sophie Subilia vous invite à une expérience sensible en deux temps. D’abord, vous vous promènerez et prendrez des notes dans une attitude d’observation. A partir de cette matière première, vous écrirez ensuite vos textes. Ce sera alors l’occasion d’explorer divers registres littéraires, dans un aller-retour créatif entre le dehors observé et vos perceptions intérieures. Cet atelier permettra également d’aborder d’un point de vue original la relation dynamique et inspirante entre objectivité et subjectivité.


ANNE-SOPHIE SUBILIA

Anne-Sophie Subilia vient de publier son cinquième livre, Neiges intérieures (éd. Zoé 2020), après avoir signé Les hôtes (Paulette éditrice 2018), Parti voir les bêtes (éd. Zoé 2016, Arthaud Poche 2018), Qui-vive (Paulette éditrice 2016) et Jours d’agrumes (éd. de l’Aire 2013). Sa démarche est marquée par la géopoétique et la pensée de Kenneth White, qui met au centre de sa recherche le rapport de l’Homme à la Terre et notre relation à l’environnement. En 2019, elle a co-signé la performance Hyperborée avec le metteur en scène et acteur Jean-Louis Johannides et l’artiste sonore Rudy Decelière (présenté à la Comédie de Genève, au Théâtre Saint-Gervais, au Théâtre du Grütli et à l’ABC). Anne-Sophie Subilia est membre du collectif AJAR.

Gabriella Zalapi et Mathias Howald | Rencontre

Gabriella Zalapì et Mathias Howald ont publié récemment leur premier roman. Des textes personnels, nourris de photographies de famille. Chez l’un et l’autre, l’écriture vient mettre de l’ordre dans le passé familial et poser des mots là où l’histoire intime se tait, où l’image laisse un champ d’interprétation.

Avec Antonia Gabriella Zalapì imagine le journal intime d’une jeune femme, intérieurement fracturée et enfermée dans des codes bourgeois qui l’étouffent. Entre 1965 et 1966, elle rend compte de son quotidien et de l’héritage formidable qu’elle a reçu de sa grand-mère : des cartons remplis de centaines de photographies, d’albums de famille, de milliers de lettres, de notes, de factures, d’inventaires. En épluchant ces documents, Antonia retrace les multiples exils vécus par les siens, sur toile de Deuxième Guerre mondiale et de nazisme. Tandis qu’elle assemble les bribes de sa généalogie, elle parcourt un chemin intérieur qui la mène vers la liberté. « Ce qui est évident, c’est qu’ici je m’évade. Tout ce que je me raconte pour combler les blancs agit sur mon imaginaire. »

Dans Hériter du silence, Mathias Howald fouille l’histoire de son père photographe, décédé trop tôt. Son écriture se fait précise, détaillée, pour enquêter sur cet homme silencieux, aux rares gestes de tendresse : « Ton rapport aux autres avait été fait de silence, cette matière invisible mais dense qui te mettrait, espérais-tu peut-être, hors d’atteinte du mal. » Une enquête pudique et émouvante qui agit comme un bain révélateur et fait remonter à la surface un douloureux secret de famille.

 

♦Une rencontre en partenariat avec le Centre de la photographie Genève

 

GABRIELLA ZALAPÌ
Née à Milan, d’origine anglaise, suisse et italienne. Artiste plasticienne formée à la Haute école d’art et de design à Genève, Gabriella Zalapì puise son matériau entre autres dans sa propre histoire familiale. Elle reprend photographies, archives, souvenirs pour les agencer dans un jeu troublant entre Histoire et fiction. Cette réappropriation du passé s’incarnait jusqu’ici dans des dessins et des peintures. Aujourd’hui Gabriella Zalapì la transpose à l’écrit dans son premier roman, Antonia, publié aux éditions Zoé en janvier 2019 et lauréat du Grand Prix de l’héroïne décerné par Madame Figaro.

MATHIAS HOWALD
Né à Lausanne en 1979. Il a suivi des études de Lettres et enseigne aujourd’hui l’anglais au gymnase. Son premier roman, Hériter du silence, est publié en 2018 aux éditions d’autre part et a obtenu le Prix du Public RTS 2019. Parallèlement à sa pratique d’écriture personnelle, Mathias Howald est membre du collectif Caractères mobiles, avec lequel il vient de publier Au Village, également aux éditions d’autre part.

 

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