Les ‘free’ sons du français. Rencontre avec Valère Novarina et Isabelle Sbrissa

mardi 18 mars 2014 20h

L’auteur d’origine suisse Valère Novarina est connu pour son œuvre dramatique à la langue extrêmement novatrice et déroutante. La poétesse Isabelle Sbrissa, quant à elle, explore la musicalité de la langue, faisant passer le français à travers l’allemand, l’italien ou encore l’anglais.

Tous deux liront des textes de leur œuvre et évoqueront l’emploi qu’ils font de la langue, marquée par la déstructuration, l’invention, bref, par une créativité «folle».

Cette soirée est organisée par la MRL en collaboration avec la Délégation à la langue française, dans le cadre de la Semaine de la Langue française et de la francophonie en Suisse (SLFF). La 19ème édition de la SLFF, qui a lieu du 14 au 23 mars, a pour thème Les langues en folie.

Valère Novarina

«Que tout le problème est de la Évacuation des écrits, du circuit papelardier, l’apprentissure des beau parole en correction, de la élymination et corrigement du texte du propre vers le brouillon, de l’habitude de l’écriture à l’école, de la mise au propre, de la rature et de la reprise du brouillon, du tissage et de l’apprentissage des-les écritures dans les écoles. Il tient son cahier comme un saligot. Il écarte, il retisse les tissus de la langue. Détruire l’apprentissage. Évacuer, vider la langue. Verber, ouvrir, réopérer le jour où j’ai appris la parole.»
Valère Novarina, Le drame dans la langue française

Valère Novarina, né en 1947 à Genève, passe son enfance et son adolescence à Thonon. A Paris, il étudie à la Sorbonne, la philosophie et la philologie.

Sa première pièce, L’Atelier volant, est mise en scène par Jean-Pierre Sarrazac en 1974. En 1978, après avoir essuyé plusieurs refus, il publie Le Babil des classes dangereuses, roman théâtral, chez Christian Bourgeois. Par la suite, il met lui-même en scène douze de ses textes, des pièces de théâtre ou des textes poétiques qu’il adapte pour la scène. À Paris, au Festival d’Avignon ou encore au Théâtre de Vidy à Lausanne, il présente Le Drame de la vie (1984), Le Discours aux animaux (1987), L’Origine Rouge (2000), La Scène (2003), L’Acte inconnu (2007), Le Vrai sang (2011).

Homme de théâtre et poète, il publie également des essais dans lesquels il interroge son rapport à l’écriture et à la langue, au français comme au latin, au patois savoyard ou au hongrois: Le Théâtre des paroles (1989), Pendant la matière (1991), L’Envers de l’Esprit (2009), La quatrième personne du singulier (2012).

L’essentiel de son œuvre, traduite dans plus de quinze langues, est publiée aux éditions POL. En 2013, un livre d’entretiens paraît aux éditions Argol : L’Organe du langage, c’est la main. Dialogue avec Marion Chénetier-Alev.

Par ailleurs, à partir des années 80, Valère Novarina intensifie ses activités de dessinateur et de peintre. Il réalise plusieurs performances où il mêle les «actions» de dessin ou de peinture, le texte, et parfois la musique ou la vidéo. Il expose régulièrement depuis les années 90.

Isabelle Sbrissa

du 1

fric
piste
pique
schiste

lex
hic
tox
ic

a
tion
na

tions
gaz
nazes
Isabelle Sbrissa, sonnets™

Née en 1971, Isabelle Sbrissa vit à Genève. Après une licence en Lettres, elle écrit d’abord pour le théâtre. La Traversée du désert (Prix SSA 2007) et Le Quatre-Mains (2008) sont publiés chez Bernard Campiche. Plusieurs de ses pièces sont jouées sur les scènes romandes. Elle obtient une bourse Pro Helvetia pour Ring (2010).

En 2010, elle met de côté le théâtre et commence à explorer d’autres champs de l’écriture, avec un accent mis sur les recherches de sonorités. Un complément d’études master à la Haute École d’art de Berne et à l’Institut littéraire suisse de Bienne lui ouvre les portes de la tradition expérimentale en langue allemande. Fin 2011, lors d’une résidence d’écriture de la Ville de Genève à Gênes, elle se met à écrire ses premiers poèmes qui détournent les procédures de traduction en inventant toutes sortes de passages d’une langue à l’autre, y compris du français vers le français. Ce sont ces expériences de fausses traductions qui donnent lieu à son premier recueil, poèmes poèmes1 (Disdill, 2013). Actuellement elle explore une refonte de la langue française à travers la forme du sonnet.

Ses textes sont publiés dans diverses revues, notamment Grumeaux (n°3, NOUS 2012), 4433, Anthologie du sonnet romand (Miel de l’Ours, 2012), Die kleine Axt (2012). Isabelle Sbrissa participe régulièrement à des lectures publiques en Suisse et en France. En 2013, elle est notamment invitée aux 35e Journées littéraires de Soleure.

 

Audio

Les ‘free’ sons du français. Rencontre avec Valère Novarina et Isabelle Sbrissa Valère Novarina -©Guillaume Perret
Les ‘free’ sons du français. Rencontre avec Valère Novarina et Isabelle Sbrissa Valère Novarina -©Guillaume Perret

Entrée: 10.- / 8.- la soirée
Apéritif offert à l’issue des rencontres
Réservation conseillée: info(at)m-r-l.ch
ou au +41 22 310 10 28

© 2020 MRL
Ce site Wordpress a été développé à Genève par thelab.ch