Arno Camenisch – Lecture musicale

« Ses lectures sont cultes. » – Hessischer Rundfunk

L’auteur et interprète grison Arno Camenisch lit des extraits de son livre Derrière la gare (éditions d’en bas). Cette histoire d’une enfance dans les montagnes des Grisons est selon l’Internazionale, « l’une des plus belles choses que nous ayons lues sur l’enfance ces dernières années ». Camenisch lira également des « textes parlés » – des histoires fraîches, drôles et bizarres, tirées de la vie réelle qui vont droit au cœur.

Accompagnement musical : Roman Nowka

 

Réouverture de la Maison Rousseau & Littérature

COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU 30 MARS 2021 

 

21 avril 2021 : la MRL fait peau neuve ! Et rouvre ses portes en plein cœur de la Cité, au 40 Grand-Rue, dans la maison natale de Jean-Jacques Rousseau.

Après deux années de travaux, la maison accueille désormais le public sur six étages. Une bâtisse entièrement rénovée avec une identité visuelle contemporaine pour célébrer la pensée visionnaire de Rousseau et propager la littérature et le goût de la lecture ; un lieu de débats et de rencontres où le passé et le présent dialoguent pour mieux saisir notre temps et construire le futur.

 

Puits de lumière pour le Philosophe des Lumières

Sous l’impulsion d’un élan nouveau, la MRL – Maison Rousseau & Littérature s’affirme comme un lieu incontournable de la vie culturelle genevoise, un lieu d’intersection des littératures locales, nationales et internationales avec un accent mis sur la création romande ; une maison des écrivaines et des écrivains, des artistes et des savoirs. Imaginée autour d’un puits de lumière qui la diffuse à tous les étages, la rénovation de la maison reflète la ligne programmatique et invite à rêver le monde pour le réinventer. Au rez-de-chaussée : un café ; au 1er étage, le Parcours Rousseau ; au 2e et au 3e, deux salles destinées aux événements (rencontres, ateliers d’écriture, lectures, lectures musicales, performances, activités de médiation culturelle) ; au 4e, les bureaux, et au 5e, trois studios sous les combles pour des résidences d’écrivains – tradition genevoise oblige !

 

Rousseau, lanceur d’alerte de la modernité

Le Parcours Rousseau a été complètement repensé. Il regroupe textes, films, photographies, illustrations et musiques pour renouveler notre approche de l’œuvre de Rousseau. Scénographié par l’architecte zurichois Tristan Kobler du bureau Holzer Kobler, et co-scénarisé par deux spécialistes de Rousseau – Martin Rueff et Guillaume Chenevière –, le parcours perpétue et actualise la pensée du philosophe en la confrontant aux défis de notre époque : éducation, nature et environnement, laïcité, citoyenneté, bonheur. Constitué de sept niches thématiques liées à l’œuvre du penseur, il révèle les paradoxes et les contradictions de la modernité naissante que Rousseau a pointés en éclaireur : ces paradoxes nous interpellent aujourd’hui plus que jamais. On y découvre également une série de films d’animation signés par l’artiste berlinoise Agnieszka Kruczek et les œuvres de quinze étudiant·e·s du Master Cinéma de l’ECAL/HEAD.

Dans la droite ligne de ce parcours, nous proposons des rendez-vous où des spécialistes de Rousseau échangent avec des écrivains ou des personnalités issues d’autres horizons (sociologues, psychiatres, historiens, musicologues…) sur des préoccupations contemporaines. Portée par la veine citoyenne de Rousseau, la manifestation Écrire Pour Contre Avec conserve sa volonté d’aborder des thèmes de société en mêlant littérature et autres disciplines. Cette année, elle a pour thématique « Vieillir au 21e siècle ».

 

Une scène à l’image du dynamisme littéraire

Le milieu littéraire connaît une remarquable évolution avec l’émergence de nouvelles expressions, de collectifs d’auteurs et de toutes sortes de revendications en lien avec le statut de l’écrivain. La MRL se fait l’écho de ces changements et des questions qu’ils soulèvent. Elle affiche une programmation plurielle et délibérément éclectique, ouverte aux différents genres littéraires. Elle donne une scène à la lecture et à ses hybridations (lecture musicale, performée, dessinée) pour diversifier les publics, stimuler leur curiosité et susciter le désir de lire. Convaincue que l’échange et la confrontation des points de vue sont essentiels à la liberté de pensée, elle favorise la discussion entre invités.

Des cycles thématiques rythment la saison. En 2021 : place aux femmes ! Avec notamment Douna Loup et la sociologue Delphine Gardey, une soirée Agota Kristof avec la lecture du Grand Cahier par Valentin Rossier, des rencontres autour de Marguerite Duras et de Catherine Colomb, une table ronde sur la condition des femmes écrivaines aujourd’hui. Un cycle « Rousseau et la musique : l’invention de la liberté » nous conduira à une série de soirées musicales. Côté festival, une nouvelle édition de la Fureur de lire se prépare.

 

Accès libre à la littérature : podcasts et livres audio

Depuis cet hiver, notre chaîne de podcasts diffuse « Les Rendez-vous de la MRL », avec un générique original composé par Guy-François Leuenberger. Ecrivains reconnus ou en plein envol, poètes, auteurs d’ici et d’ailleurs s’écoutent désormais en tout temps sur notre site et sur les plateformes habituelles (soundcloud, spotify, apple).

Autre grande nouveauté : des livres audio pour accéder autrement à la littérature, et l’offrir notamment aux personnes aveugles ou malvoyantes. Trois livres de Luis Sepúlveda, lus et sonorisés par Guillaume Pidancet, inaugurent ce projet dès le mois d’avril. À écouter  sur notre site.

Cette programmation est complétée par une série de propositions destinées aux écoles – publiques et privées – ou à des publics qui n’ont pas l’habitude de fréquenter les lieux de culture, grâce à nos activités de médiation culturelle.

 

Privé / public : mariage heureux à la MRL

Les travaux de rénovation de la MRL ont été exclusivement financés par des fonds privés. Le budget de fonctionnement est principalement garanti par une subvention du canton et étoffé par des recherches de fonds privés. La MRL bénéficie d’un droit de superficie accordé par l’Etat de Genève. Elle est une Fondation de droit privé, avec un Conseil composé de onze membres et présidé par Manuel Tornare. Son équipe est formée de cinq personnes, en plus de la direction qui sera nommée ce printemps.

 

AGENDA

31 mars 2021 : Podcast – « Évocation Duras »

12 au 15 avril : visites presse de la MRL

16 avril 2021 : Livre audio – Luis Sepúlveda

21 avril 2021 : OUVERTURE DE LA MRL

22 avril 2021 : Podcast – Hommage à Philippe Jaccottet

25 avril 2021 : Lecture musicale avec Arno Camenisch et Roman Nowka

À propos de la rénovation

Architectes : GMAA – GM Architectes Associés

Décorateur d’intérieur : Nicolas Perrottet

Graphisme et identité visuelle : Jonas Nicollin

 

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CONTACT

Eduardo Mendez
Responsable communication et presse
eduardo.mendez@m-r-l.ch
+41 22 318 00 65
www.m-r-l.ch

 

 

 

Evocation Duras

Marguerite Duras : il suffit de prononcer ce nom pour que ressurgissent une voix, un phrasé unique, des silences parfaitement agencés. Son œuvre monumentale et le personnage qu’elle s’est construit tout au long de sa vie ont fasciné autant que divisé.

Née à Saigon en 1914, Marguerite Duras est morte il y a 25 ans, en mars 1996, à Paris. Femme de lettres, de cinéma, de théâtre et de radio, figure engagée dans les combats de son siècle, elle est devenue un mythe – certains diraient « une mythologie ». Hors normes, elle a franchi les registres littéraires et artistiques, et s’est imposée comme un modèle. À présent que les polémiques autour de sa personnalité se sont apaisées et que la place des femmes écrivaines a changé, comment son œuvre continue-t-elle de faire son chemin ?

Afin d’évoquer celle qui a reçu le Prix Goncourt en 1984 pour son roman L’amant, nous recevons cinq femmes pour qui elle a compté et ouvert une voie intérieure: Laure Adler, Jeanne De Mont, Elisa Shua Dusapin, Julie Gilbert et Nathalie Piégay.

 

 

LAURE ADLER

Femme de radio, journaliste et essayiste, Laure Adler a fréquenté Marguerite Duras et signé sa biographie aux éditions Gallimard (Prix Femina de l’essai 1998). Elle vient de publier La voyageuse de nuit chez Grasset. On peut l’entendre du lundi au jeudi dans L’heure bleue sur les ondes de France Inter.

 

JEANNE DE MONT

Comédienne, Jeanne De Mont fait partie de l’ensemble d’actrices et d’acteurs de la saison 2021-2022 du Théâtre de Poche de Genève. En décembre 2020, ce même théâtre lui a donné une carte blanche pour proposer la lecture d’un texte important dans son parcours: elle a choisi Ecrire de Marguerite Duras.

 

ELISA SHUA DUSAPIN

Elisa Shua Dusapin est écrivaine. En 2020, elle a publié son troisième roman Vladivostok Circus, après Les billes du Pachinko (Prix suisse de littérature 2019) et Hiver à Sokcho (Prix Walser 2016). Tous ses livres sont parus aux éditions Zoé. Elle travaille également pour le théâtre et le cinéma.

 

JULIE GILBERT

Julie Gilbert écrit pour le théâtre, le cinéma et la radio. Actuellement, elle est impliquée dans le projet Vous êtes ici, une série destinée à la scène, qui tourne dans les théâtres genevois. Elle a également conçu la Bibliothèque sonore des femmes, présentée à la MRL en 2018. Cette bibliothèque met en valeur les écrivaines d’hier et d’aujourd’hui.

 

NATHALIE PIÉGAY

Nathalie Piégay a publié deux romans aux éditions du Rocher, La petite ceinture (2020) et Une femme invisible (2020). Parallèlement à son travail d’écriture, elle est critique littéraire et Professeure de littérature française moderne à l’université de Genève.

Mère et (in)visible ?

Journée internationale des femmes

 

Nathalie Piégay dans Une femme invisible et Chirine Sheybani avec C’est l’histoire d’une mère qui s’en va mettent en lumière deux destinées emblématiques de la condition des femmes : d’un côté, la mère d’Aragon et son histoire d’amour, d’écriture et de dissimilation ; de l’autre, une femme ordinaire face à l’ambivalence de l’expérience de la maternité. Deux romans puissants, qui dessinent des portraits de femmes confrontées à des traditions et des clichés tenaces ; deux protagonistes qui se battent pour rester debout et autonomes, malgré les fissures intérieures. 

 

Pour rédiger Une femme invisible, l’écrivaine et chercheuse Nathalie Piégay a mené une longue enquête sur la mère de Louis Aragon et les mensonges qui entourent la naissance du célèbre poète. Face à l’indigence des documents trouvés, elle a inventé, elle a donné à Marguerite une épaisseur, une volonté et une sensualité. À travers l’existence effacée de cette femme, surgissent des pans étonnants de la biographie d’Aragon. Un roman magnétique et savant qui a été retenu dans les finalistes du Prix Renaudot essai 2018. 

Si Nathalie Piégay se penche sur une femme de la fin du 19e siècle, tout en la rattachant à la conscience féministe du siècle suivant, C’est l’histoire d’une mère qui s’en va s’inscrit parmi les ouvrages ultra contemporains qui osent parler ouvertement de la maternité. À coups de phrases incisives, Chirine Sheybani y dégomme un certain nombre de lieux communs et révèle avec justesse le psychisme d’une jeune femme somme toute banale. Un récit sensible où se dessine un chemin initiatique libérateur. 

 

NATHALIE PIÉGAY

Née en 1965 à Lyon. Nathalie Piégay est écrivaine et critique littéraire. Après avoir longtemps enseigné à l’université Paris-Diderot, elle est aujourd’hui professeure de littérature moderne et contemporaine à la Faculté des lettres de l’université de Genève. Spécialiste de Simenon, Pinget et Aragon, elle signe son premier roman en 2018 avec Une femme invisible et son second, La petite ceinture, en 2020. Ces deux livres sont parus aux éditions du Rocher

 

CHIRINIE SHEYBANI

Née en 1983 à Genève. Chirine Sheybani a publié son premier roman en 2019 : Nafasam a connu un bel écho critique et public, et a notamment reçu le Prix Lettres Frontières 2019. C’est l’histoire d’une mère qui s’en va est son deuxième roman. Ces deux livres sont publiés par les éditions Cousu Mouche

 


Pour en finir avec l’universel partage

A quelques semaines du Printemps de la poésie, la MRL a lancé un défi à son fondateur, Antonio Rodriguez : imaginer un projet qui dise son engagement envers la poésie et valorise le format numérique. Sans hésiter, Antonio Rodriguez a répondu : « Pour en finir avec l’universel partage ». Artaud n’est pas très loin, Mallarmé non plus.

 

Où se tient la poésie aujourd’hui ? Comment « vivre poétiquement » en Suisse ? Quels sont les actes qui nous ancrent poétiquement dans l’ici sans renoncer aux circulations plus « mondiales » ? Poète et professeur, Antonio Rodriguez réalise un podcast en regardant par sa fenêtre et en observant poétiquement son environnement. Il prend appui sur un « écosystème » qu’il entrevoit comme une « vallée lyrique » au milieu du continent européen – bien loin de l’« egosystème » industriel qui absorbe et sacrifie les énergies créatives pour reproduire certains modèles. Désormais l’« universel partage » se tient sur les réseaux sociaux comme une nouvelle norme pour échanger les « mots de la tribu », et remplacer l’ « universel reportage » de Mallarmé, auparavant garanti par les forts tirages de la presse et des éditeurs. Le passage du papier au pixel implique-t-il forcément une perte ? Antonio Rodriguez développe la recherche d’une vie meilleure grâce à la poésie et à ce qu’elle peut encore représenter actuellement.

 

Le programme complet du Printemps de la poésie ICI

 

 

ANTONIO RODRIGUEZ

Né en 1973. Poète et professeur à la Faculté des lettres de l’université de Lausanne, Antonio Rodriguez est le fondateur du Printemps de la poésie en Suisse. En 2020, avec Europa Popula, il a achevé sa trilogie poétique sur l’Europe chez Tarabuste (Big bang Europa, Après l’Union). Président du réseau mondial d’études poétiques I.N.S.L., il mène également une série de réflexions sur les réseaux littéraires et les organisations internationales de la poésie.

 

Poésie plein la bouche

Une rencontre en partenariat avec le Printemps de la poésie

 

Ces deux-là ne sont pas du style à confiner leurs mots dans un livre : Emanuel Campo et Matthieu Corpataux aiment donner de la voix, du son, de la mastication à leur poésie. Ils s’emparent du quotidien, de ce qui leur passe sous les yeux, et pourquoi pas de sucre roux, de kebab, de questions de société, de souvenirs d’enfance, de google et de références textuelles ; de tout cela et plus encore pour nous embarquer dans leur univers décomplexé. Ils osent être terre-à-terre sans se priver de raffinements littéraires. Raymond Carver n’est jamais très loin de leur inspiration made in USA dans ce qu’elle a de meilleur : une poésie immédiate, simple, affranchie des formes traditionnelles. Deux poètes qui décloisonnent le genre en toute liberté : ça nous en bouche un coin et ça fait du bien.

Emanuel Campo et Matthieu Corpataux se rencontrent ici pour la première fois et échangent sur leur démarche et les enjeux de la poésie aujourd’hui. 

 

 

Le programme complet du Printemps de la poésie ICI

 

MATTHIEU CORPATAUX

Né en 1992. Matthieu Corpataux fonde l’Epître en 2013, une revue en ligne et en papier centrée sur la relève littéraire. Depuis 2014, il dirige la maison d’édition des Presses littéraires de Fribourg qu’il a fondée cette même année avec Luca Giossi. En 2019, il est nommé à la direction du Salon du livre de Fribourg, qu’il rebaptise Textures. Sucres est son premier recueil de poésie (éd. de l’Aire, collection Métaphores, 2020). Il vit à Fribourg. 

 

EMANUEL CAMPO

Né en 1983 en Suède. Entre poésie, théâtre, performance et musique, Emanuel Campo évolue librement. Il est notamment actif au sein de Etrange Playground, une compagnie pluridisciplinaire tournée vers les écritures contemporaines et la poésie. Aux éditions de la Boucherie littéraire, il publie Maison. Poésies domestiques (2015) et Faut bien manger (2019), un texte actuellement en lice pour le Prix des Découvreurs. Entre ces deux publications, son recueil Puis tu googlas le sens du vent pour savoir d’où il venait paraît aux éditions Gros Textes (2018). Il vit à Lyon. 

 

À lire : 

Matthieu Corpataux, Sucres, éd. de l’Aire, 2020

Emanuel Campo, Faut bien manger, éd. la Boucherie littéraire, 2019 ; Puis tu googlas le sens du vent , éd. Gros textes, 2018 ; Maison. Poésies domestiques, éd. la Boucherie littéraire, 2015

Quand la fiction comble les trous de la mémoire familiale

Daniel Maggetti et Romain Buffat ouvrent les malles de leur histoire familiale, pour y trouver des souvenirs lacunaires, des photographies jaunies et quelques lettres qui appellent l’imagination. Face aux silences de leur généalogie, les deux écrivains spéculent. Deux styles, deux récits différents qui disent combien l’écriture objective n’existe pas, combien l’histoire est sujette à inventions.

Dans Schumacher, premier roman de Romain Buffat, nous suivons le protagoniste qui donne son nom au livre. De ce jeune homme, le narrateur « ne sait à peu près rien, sinon ce qu’il faut pour en faire un mythe. ». Il sait toutefois ceci : Schumacher a fait un enfant à une jeune Française… la grand-mère de l’auteur. Nous sommes dans les années 1950, entre les Etats-Unis et une base américaine située dans le nord de la France. Au passage de cette reconstitution jubilatoire, le rêve américain est passablement écorné, tandis que la légende familiale colmate ses fissures.

Avec Daniel Maggetti et Une femme obscure, on change de lieu et d’époque. Nous voilà dans un village du Tessin, au début du siècle dernier. Là règne Melanía, la grand-mère de l’écrivain. Toute jeune, elle est tombée enceinte, on ne sait pas de qui. Un personnage dense et opaque, une femme ambiguë et puissante qui entraîne le lecteur dans un monde disparu.

 

Romain Buffat, Schumacher, éd. d’autre part, 2018                                 Daniel Maggetti, Une femme obscure, éd. Zoé, 2020

 

 

ROMAIN BUFFAT

Né à Yverdon-les-Bains en 1989. Il se forme à l’Institut littéraire de Bienne et fait partie du collectif d’auteurs Hétérotrophes. Schumacher (éd. d’autre part, 2018), son premier roman, a été très remarqué par la critique et le public. Il vient d’être traduit en allemand chez Verlag Brotsuppe. Romain Buffat participe à divers projets littéraires. Dernièrement, il a écrit le feuilleton « Qwertzédaire : histoire d’une Hermès 3000 », une commande la Bibliothèque publique et scolaire d’Yverdon-les-Bains. Il vit à Lausanne.

 

 

DANIEL MAGGETTI

Né au Tessin en 1961. Il se forme à l’Université de Lausanne, où il vit aujourd’hui, et dirige le Centre des Littératures en Suisse romande. Il est l’auteur d’éditions critiques et de plusieurs essais portant sur la littérature romande. Il signe également des recueils de poésie et des romans, parmi lesquels La veuve et l’enfant (éd. Zoé, 2015), Les créatures du Bon Dieu (éd. L’Aire, 2007), Chambre 112 (éd. L’Aire, 1997), Les morts, les anges, la poussière (éd. L’Aire, 1995).

Beyrouth, entre vitalité et sidération

En partenariat avec RTS Culture et QWERTZ, sa Newsletter Livres

 

En juillet 2020, le romancier libanais Charif Majdalani commence un carnet de bord. Il y consigne des anecdotes qui disent le quotidien de son pays, la corruption, la crise politique, économique et sanitaire. De ces petites histoires il comptait faire une fiction. L’explosion du 4 août a donné un nouveau sens à son projet : Beyrouth 2020, journal d’un effondrement devient alors le témoignage d’une catastrophe. Et pourtant Charif Majdalani n’y perd jamais le sens de la vitalité, de la poésie et même de l’humour. Ce livre lui a valu le Prix Femina 2020. 

Pour parler de cet élan de vie et de la force de créativité qui irradient le Liban, Charif Majdalani rencontre – virtuellement – Marco Costantini, co-directeur du Mudac (Musée de design et d’arts appliqués de Lausanne) et commissaire d’une exposition en cours d’élaboration sur le design à Beyrouth. Ce chantier d’envergure plonge dans l’histoire récente du design comme reflet du dynamisme créatif du Liban, de la volonté de ses artistes de s’emparer de leur Histoire et de leur liberté. 

L’explosion de cet été a particulièrement touché le quartier où se concentrait la majorité des designers. Jusqu’ici, il y avait peu de documents sur l’histoire du design. À ce manque s’ajoutent aujourd’hui un milieu dévasté et une nation sidérée. 

 

 

CHARIF MAJDALANI

Charif Majdalani vit à Beyrouth, où il est né en 1960. Il est l’une des plumes les plus éloquentes de son pays. Il enseigne à l’université Saint-Joseph, à Beyrouth, et y dirige le département des lettres françaises. Parmi ses autres livres, tous publiés aux éditions du Seuil : L’empereur à pied (2017), Villa des femmes (2015, Prix Jean Giono), Le dernier Seigneur de Marsad (2013).

 

MARCO COSTANTINI

Historien de l’art et commissaire d’exposition, Marco Costantini est directeur adjoint du Mudac (Musée de design et d’arts appliqués contemporains de Lausanne) depuis 2020. Il est aussi co-directeur de la revue Raddar, premier magazine de Suisse consacré à la recherche dans le domaine du design.

Jean Starobinski, cent ans et deux nouveaux livres

Cet automne 2020, Jean Starobinski aurait eu cent ans. Pour fêter cet intellectuel de génie, deux ouvrages de lui paraissent en librairie : Le corps et ses raisons, un livre posthume édité et préfacé par Martin Rueff et Histoire de la médecine, une réédition de la publication de 1963 éditée et préfacée par Vincent Barras.

Martin Rueff et Vincent Barras se retrouvent autour du micro de la MRL pour nous parler de ces deux publications et évoquer plus largement la figure et l’œuvre de Jean Starobinski.

Première partie:

 

Deuxième partie:

 

Le corps et ses raisons (éd. du Seuil)

Premier livre posthume de Jean Starobinski, conçu par lui avant sa disparition, il réunit des articles écrits entre 1950 et 1980. S’entrelacent ici le regard clinique et le regard critique, l’historien de la médecine et l’interprète littéraire qu’était Jean Starobinski. L’auteur revient sur des grands textes de la littérature (dont La peste et Madame Bovary), tout en rappelant des noms de savants et de médecins d’autrefois qui éclairent notre présent.

 

Histoire de la médecine (éd. Héros-Limite)

Le livre paraît initialement en 1963 chez Rencontre, une maison d’édition lausannoise. Destiné au grand public, il est tiré au nombre spectaculaire de 60 000 exemplaires. C’est Nicolas Bouvier, devenu un ami proche de Jean Starobinski, qui y rassemble la riche iconographie. L’ouvrage traverse l’histoire de la médecine occidentale, de l’Antiquité à l’époque contemporaine. Dans cette réédition, Vincent Barras resserre l’iconographie, mettant davantage en valeur le texte qui résonne comme une invitation à parcourir « le destin des civilisations » pour mieux comprendre « les valeurs fondamentales de notre existence ».

 

MARTIN RUEFF

Professeur de littérature française à l’université de Genève, il occupe la chaire du 18e siècle, autrefois occupée par Alain Grosrichard, qui a lui-même succédé à Jean Starobinski. Il est également poète, traducteur, philosophe et critique littéraire.

 

VINCENT BARRAS

Médecin de formation, il est aujourd’hui historien de la médecine. Il travaille au sein du Centre hospitalier universitaire du Canton de Vaud (CHUV) et enseigne l’Histoire et la philosophie des sciences à la faculté de biologie et de médecine. Il est aussi poète, traducteur et éditeur.

 

 

Anne-Sophie Subilia | Ecrire le dehors

Intéressée par la figure du flâneur et le rapport que nous entretenons avec le réel, Anne-Sophie Subilia vous invite à une expérience sensible en deux temps. D’abord, vous vous promènerez et prendrez des notes dans une attitude d’observation. A partir de cette matière première, vous écrirez ensuite vos textes. Ce sera alors l’occasion d’explorer divers registres littéraires, dans un aller-retour créatif entre le dehors observé et vos perceptions intérieures. Cet atelier permettra également d’aborder d’un point de vue original la relation dynamique et inspirante entre objectivité et subjectivité.


ANNE-SOPHIE SUBILIA

Anne-Sophie Subilia vient de publier son cinquième livre, Neiges intérieures (éd. Zoé 2020), après avoir signé Les hôtes (Paulette éditrice 2018), Parti voir les bêtes (éd. Zoé 2016, Arthaud Poche 2018), Qui-vive (Paulette éditrice 2016) et Jours d’agrumes (éd. de l’Aire 2013). Sa démarche est marquée par la géopoétique et la pensée de Kenneth White, qui met au centre de sa recherche le rapport de l’Homme à la Terre et notre relation à l’environnement. En 2019, elle a co-signé la performance Hyperborée avec le metteur en scène et acteur Jean-Louis Johannides et l’artiste sonore Rudy Decelière (présenté à la Comédie de Genève, au Théâtre Saint-Gervais, au Théâtre du Grütli et à l’ABC). Anne-Sophie Subilia est membre du collectif AJAR.

Elisa Shua Dusapin | L’art du portrait

La description d’un personnage a toujours un sens dans un texte, quel que soit le registre (roman, polar, journal intime, autofiction…). Un portrait peut permettre d’évoquer un contexte social, culturel ou historique. Il peut aussi induire un profil psychologique, véhiculer un monde symbolique ou suspendre le temps dans le flux d’une intrigue. Quand et comment faire intervenir un portrait pour qu’il exprime au mieux vos intentions d’auteur ? Quels termes choisir et de quelle manière les agencer ?  C’est ce que vous expérimenterez avec Elisa Shua Dusapin. Et vous verrez également que ce qui est valable pour un personnage peut l’être pour un lieu ou tout autre élément d’un texte.

ELISA SHUA DUSAPIN
Elisa Shua Dusapin s’est fait remarquer dès la parution de son premier livre, Hiver à Sokcho (éd. Zoé, 2016), qui lui a valu plusieurs distinctions, dont le Prix Robert Walser. Avec son deuxième roman, Les billes du Pachinko (éd. Zoé, 2018), elle se retrouve à nouveau sur le devant de la scène littéraire suisse et reçoit le Prix suisse de littérature 2019. Toujours aux éditions Zoé, elle vient de publier Vladivostok Circus. Elisa Shua Dusapin a obtenu son diplôme à l’Institut littéraire de Bienne en 2014, puis a poursuivi ses études en Faculté de lettres à l’université de Lausanne. Elle travaille également dans le domaine du théâtre.

Mathias Howald | Album de soi

Quelle image souhaitons-nous donner de nous-même ? Et quelles images de nous sont produites indépendamment de notre volonté ? A partir de souvenirs, de photographies de famille ou encore de lectures, vous traverserez cette fascinante thématique en compagnie de l’auteur Mathias Howald. Durant cet atelier, vous réaliserez des petits livres individuels, composés de chapitres écrits selon différentes consignes inspirées par les démarches d’écrivaines et d’écrivains tels que Marguerite Duras, Annie Ernaux, Georges Perec, Robert Walser et Hervé Guibert.

MATHIAS HOWALD
Né à Lausanne en 1979, Mathias Howald a suivi des études de Lettres et enseigne aujourd’hui l’anglais au gymnase. Son premier roman, Hériter du silence (éd. d’autre part 2018) a rencontré un bel écho auprès du public et de la critique. Il a obtenu le Prix du Public RTS 2019. Parallèlement à sa pratique d’écriture personnelle, Mathias Howald est membre du collectif Caractères mobiles, avec lequel il vient de publier Au Village, également aux éditions d’autre part.

ANNULÉ – Pajak-Mégevand : la biographie ou comment s’emparer de la vie des autres

Frédéric Pajak et Matthieu Mégevand ont développé, ces dernières années, un important projet littéraire axé sur la biographie d’artistes célèbres et basé sur un colossal travail de documentation. Qu’est-ce qui les intéresse tant dans la vie des autres et que deviennent ces existences sous leur plume ?

Chez Frédéric Pajak, cette entreprise a donné lieu au Manifeste incertain, un livre en neuf volumes consacré à des figures telles que Walter Benjamin, Vincent Van Gogh, Emily Dickinson ou encore Marina Tsvetaieva. Publié au rythme d’un par année, le dernier va paraître en septembre 2020. Manifeste incertain 7 a valu à son auteur le Prix Goncourt de la biographie 2019, tandis que le volume 3 a été salué par le Prix Médicis Essai 2014 et le Prix suisse de littérature 2015. Ces livres dessinés par Pajak lui-même de son trait noir et intense forment « une réflexion sur l’Histoire d’apparence fragmentée », saisie non seulement du point de vue des grands événements, mais aussi par la lorgnette de la petite histoire, de celle des « laissés-pour-compte et des vaincus », pour reprendre les mots de Pajak. Tous les volumes de son Manifeste incertain sont publiés par les Editions Noir sur Blanc.

Quant à Matthieu Mégevand, il conçoit une trilogie romancée : chaque volet porte sur un artiste mort à 36 ans et tous sont édités chez Flammarion. Le premier volet, La bonne vie, se penche sur la destinée de Roger Gilbert-Lecomte (1907-1943). Ce poète maudit est fasciné par Rimbaud et rejeté par Breton, avant d’être quelque peu oublié par l’histoire littéraire. Le second, Lautrec, est dédié à Henri Toulouse-Lautrec (1864-1901), peintre génial et homme de tous les excès. Le dernier, en cours d’écriture, s’inspire de la vie de Mozart (1756-1791).

Rencontre avec projection des dessins de Frédéric Pajak

FRÉDÉRIC PAJAK
Auteur franco-suisse, né en 1955. Il a publié une vingtaine de livres, qui mêlent presque toujours dessin et écriture, et qui ont régulièrement été primés. Il dirige la collection des Cahiers dessinés chez Buchet Chastel.

MATTHIEU MÉGEVAND
Né à Genève en 1983, il a notamment publié Ce qui reste des mots (éd. Fayard 2013) et Les lueurs (éd. l’Âge d’homme, 2016). En 2018 paraît La bonne vie et, l’année suivante, Lautrec. Depuis 2015, il dirige les éditions Labor et Fides.

ANNULÉ – Patrick Chamoiseau intime

Patrick Chamoiseau, l’une des voix les plus influentes de la Caraïbe et de la littérature contemporaine, sera parmi nous les 19 et 20 mars. Deux rendez-vous axés sur deux thèmes différents. Ces rencontres sont menées par Jérôme David, en collaboration avec le Bodmer Lab.

Comment l’intimité rime-t-elle avec l’altérité, le monde et la grande histoire dans l’œuvre de Patrick Chamoiseau ? C’est ce qu’aborde ici l’auteur de Texaco, prix Goncourt 1992.

Entre 1990 et 2005, Patrick Chamoiseau a écrit trois livres autobiographiques : Antan d’enfance, Chemin-d’école, A bout d’enfance. L’écrivain y révèle sa langue poétique et son art de conteur hors pair. Loin de tout narcissisme, ces textes traversent des thèmes qui lui sont chers : la créolité, le mélange des origines, l’injustice sociale, le racisme, la domination des peuples…

En 2016, il signe La matière de l’absence, un nouveau roman écrit à partir de la mort de sa mère. Mais c’est là encore l’occasion de dépasser l’événement personnel pour parler de l’histoire des Antilles, de ses mythes, de ses rites et de sa créativité.

ANNULÉ – Mathias Howald | Album de soi

Quelle image souhaitons-nous donner de nous-même ? Et quelles images de nous sont produites indépendamment de notre volonté ? A partir de souvenirs, de photographies de famille ou encore de lectures, vous traverserez cette fascinante thématique en compagnie de l’auteur Mathias Howald. Durant cet atelier, vous réaliserez des petits livres individuels, composés de chapitres écrits selon différentes consignes inspirées par les démarches d’écrivaines et d’écrivains tels que Marguerite Duras, Annie Ernaux, Georges Perec, Robert Walser et Hervé Guibert.

MATHIAS HOWALD
Né à Lausanne en 1979, Mathias Howald a suivi des études de Lettres et enseigne aujourd’hui l’anglais au gymnase. Son premier roman, Hériter du silence (éd. d’autre part 2018) a rencontré un bel écho auprès du public et de la critique. Il a obtenu le Prix du Public RTS 2019. Parallèlement à sa pratique d’écriture personnelle, Mathias Howald est membre du collectif Caractères mobiles, avec lequel il vient de publier Au Village, également aux éditions d’autre part.

ANNULÉ – Projet XVII: Lautréamont-Maldoror

Après avoir mis en voix et en musique les vers de Baudelaire, Guillaume Pidancet et Michael Borcard s’emparent des sulfureux Chants de Maldoror pour une lecture performative, aux vibrations électro-poétiques. Vertige garanti, dans le cadre du sémillant Printemps de la poésie et en partenariat avec l’Abri.

Œuvre inclassable et provocante écrite dans une prose poétique, texte de référence pour les Surréalistes, Les Chants de Maldoror fascinent. Rédigé par le Comte de Lautréamont – alias Isidore Ducasse – dans la deuxième moitié du 19e siècle, ce bijou noir de la littérature suit l’errance de son protagoniste Maldoror, un être satanique doublé d’un archange du Mal en guerre contre Dieu. Des six chants, Guillaume Pidancet et Michael Borcard en sélectionnent un pour cette lecture musicale qui reste strictement fidèle au texte, sans en modifier un mot. Cette fidélité est d’ailleurs la marque de fabrique des deux artistes, qu’il s’agisse de leur précédent travail sur Baudelaire ou sur le Frankenstein de Mary Shelley. Leur leitmotiv : donner la poésie en partage, faire entendre de manière vivante et inattendue des œuvres classiques qui appartiennent à l’imaginaire collectif. Ils proposent ici une expérience sonore, entre la transe et l’étrange, rythmée par la voix magnétique du premier et la palette électro-progressive du second.

Cette lecture inédite est spécialement créée pour la MRL et le Printemps de la poésie.

 

GUILLAUME PIDANCET
C’est l’intuition de la poésie comme « acte de résistance à la froideur mécanique du monde » qui motive cet artiste pluriel. Guillaume Pidancet compose, chante, joue, met en scène. En 2014, il monte Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce et en 2015, La Route, le Monstre d’Agota Kristof. Cette même année, il écrit et crée Voyages extraordinaires, un conte forain avec la soprano Doris Sergy et le pianiste Alain Porchet, qui mêle chanson française et chant lyrique. En 2017, avec le musicien Michael Borcard, il fonde Projet XVII, un « laboratoire de poésie électro ». Sous ce label, les deux acolytes signent Projet XVII : Baudelaire (présenté notamment à la Fureur de lire 2017) et, tout dernièrement, Mary Shelley-Frankenstein ou le Prométhée moderne (au théâtre TKM de Renens).

MICHAEL BORCARD
Saxophoniste, compositeur et multiinstrumentiste, Michael Borcard arpente librement les registres musicaux, du jazz au funk, du reggae à la Noise en passant par le rock. Il conçoit ses propres compositions et arrangements depuis 1999. Il a notamment joué au Montreux Jazz Festival, aux Eurockéennes de Belfort, au Festival Jazz à Vienne, et aussi dans de nombreux pays et villes telles que Londres, Paris, Kingston ; a collaboré entre autres avec Lee Scratch Perry, Prince Alla, I-Kong, Café Bertrand. Depuis 2016, il compose la musique de courts-métrages pour le Kino Kabaret de Genève. En 2017, il fonde avec Guillaume Pidancet le duo Projet XVII, basé sur un dialogue créatif entre musique et poésie.
En savoir plus : michaelborcard.com

http://darksite.ch/projetxvii/

ANNULÉ – Patrick Chamoiseau : promesses du Tout-monde

Patrick Chamoiseau, l’une des voix les plus influentes de la Caraïbe et de la littérature contemporaine, sera parmi nous les 19 et 20 mars. Deux rendez-vous axés sur deux thèmes différents. Ces rencontres seront menées par Jérôme David, en collaboration avec le Bodmer Lab.

Pour ce premier rendez-vous, notre partenaire le Musée d’Ethnographie de Genève nous accueille dans son exposition permanente.

Patrick Chamoiseau est l’héritier du Tout-monde. Cette notion, développée par le poète et philosophe martiniquais Edouard Glissant (1928-2011), ouvre une réflexion généreuse sur la mondialité, l’interdépendance des peuples, la différence des cultures et les relations enrichissantes entre ces différences.

Lors de cette rencontre, Patrick Chamoiseau nous parlera de cette utopie. Il abordera aussi le sujet des inégalités culturelles et des violences coloniales par le prisme de la littérature, vue comme un espace de réparation et la possibilité de penser notre monde globalisé.

ANNULÉ – Quelle part de création dans le travail de traduction ?

Avec Odile Cornuz, Pierre Lepori et Anita Rochedy, nous nous aventurons dans l’univers fascinant de la traduction littéraire. La question centrale : le traducteur est-il aussi un créateur ? En ouverture de cette rencontre, la talentueuse poétesse italienne Laura Accerboni lira quelques-uns de ses nouveaux poèmes (parution au printemps 2020 aux éditions Einaudi). Un rendez-vous conçu en partenariat avec la Casa della Letteratura per la Svizzera italiana.

Le traducteur littéraire est-il aussi un auteur ? Quelle est sa part de création dans son travail de traduction et quelles interactions existent entre lui et l’œuvre qu’il traduit ? Comment passer d’une langue à une autre sans trahir le texte original ? Vastes questions qui ouvrent des champs de discussion tout aussi vastes et qui taraudent depuis longtemps le domaine des lettres. Pour échanger sur ce sujet, nous invitons trois personnalités au profil bien différent :

♦l’écrivaine Odile Cornuz, qui a rencontré et traduit quelques textes de Laura Accerboni dans le cadre spécifique du Festival Babel en 2016, mais dont la traduction n’est pas le métier ;

Pierre Lepori, auteur et traducteur de ses propres écrits en langue italienne ;

Anita Rochedy, qui est essentiellement traductrice et qui s’est fait notamment connaître avec ses traductions de Paolo Cognetti (Les huit montagnes, Garçons sauvages).

Cette rencontre sera l’occasion de voyager dans les langues et d’entendre l’italien – une de nos belles langues nationales ! – par la voix de Laura Accerboni, jeune poétesse aux multiples distinctions qui publie ce printemps un nouveau recueil de poésie aux réputées éditions italiennes Einaudi.

Mathias Howald | Album de soi

Quelle image souhaitons-nous donner de nous-même ? Et quelles images de nous sont produites indépendamment de notre volonté ? A partir de souvenirs, de photographies de famille ou encore de lectures, vous traverserez cette fascinante thématique en compagnie de l’auteur Mathias Howald. Durant cet atelier, vous réaliserez des petits livres individuels, composés de chapitres écrits selon différentes consignes inspirées par les démarches d’écrivaines et d’écrivains tels que Marguerite Duras, Annie Ernaux, Georges Perec, Robert Walser et Hervé Guibert.


MATHIAS HOWALD
Né à Lausanne en 1979, Mathias Howald a suivi des études de Lettres et enseigne aujourd’hui l’anglais au gymnase. Son premier roman, Hériter du silence (éd. d’autre part 2018) a rencontré un bel écho auprès du public et de la critique. Il a obtenu le Prix du Public RTS 2019. Parallèlement à sa pratique d’écriture personnelle, Mathias Howald est membre du collectif Caractères mobiles, avec lequel il vient de publier Au Village, également aux éditions d’autre part.

ANNULÉ – Elisa Shua Dusapin | L’art du portrait

La description d’un personnage a toujours un sens dans un texte, quel que soit le registre (roman, polar, journal intime, autofiction…). Un portrait peut permettre d’évoquer un contexte social, culturel ou historique. Il peut aussi induire un profil psychologique, véhiculer un monde symbolique ou suspendre le temps dans le flux d’une intrigue. Quand et comment faire intervenir un portrait pour qu’il exprime au mieux vos intentions d’auteur ? Quels termes choisir et de quelle manière les agencer ?  C’est ce que vous expérimenterez avec Elisa Shua Dusapin. Et vous verrez également que ce qui est valable pour un personnage peut l’être pour un lieu ou tout autre élément d’un texte.


ELISA SHUA DUSAPIN

Elisa Shua Dusapin s’est fait remarquer dès la parution de son premier livre, Hiver à Sokcho (éd. Zoé, 2016), qui lui a valu plusieurs distinctions, dont le Prix Robert Walser. Avec son deuxième roman, Les billes du Pachinko (éd. Zoé, 2018), elle se retrouve à nouveau sur le devant de la scène littéraire suisse et reçoit le Prix suisse de littérature 2019. Elisa Shua Dusapin a obtenu son diplôme à l’Institut littéraire de Bienne en 2014, puis a poursuivi ses études en Faculté de lettres à l’université de Lausanne. Elle travaille également dans le domaine du théâtre.

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